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Éducation Nationale / A quand la prime des encadreurs pédagogiques ?

Au cœur du système éducatif ivoirien, surtout pour ce qui concerne l'enseignement secondaire, la Direction de la Pédagogie et de la formation continue (DPFC) et ses 36 antennes régionales, ont été ignorées, dans les dix mesures d'urgence censées remettre l'école ivoirienne sur les rails, en entendant les conclusions salvatrices des états généraux de l'éducation lancés depuis le mois de juillet. Cette structure incontournable est, d'ailleurs, rarement évoquée, chaque fois que Madame la ministre a l'occasion d'énoncer ses priorités, dans sa politique éducative. Les uns et les autres ont certainement été surpris par le balbutiement avec lequel elle a cité cette direction centrale du ministère de l'éducation, dans son discours, au cours de la réunion de rentrée qui s'est tenue , au centre culturel Jacques Aka, à Bouaké. Et pourtant, parmi les griefs recurents à l'égard de l'école ivoirienne, la qualité des enseignants figure en tête de liste. Une situation qui s'est empirée avec les recrutements de masse entrepris par l'état, depuis quelques années, pour juguler les catastrophiques déficits d'enseignants. On comprend donc difficilement que la formation continue des enseignants ne soit pas dans la liste des urgences de madame la ministre. Aussi, cette importante direction centrale et ses antennes implantées dans les trente-six régions de Côte d'Ivoire, ne font elles pratiquement l'objet d'aucun égard de la part de sa tutelle. La plupart de ces antennes squattent des bâtiments vétustes et sous équipés. Il suffit que l'effectif du personnel atteigne la dizaine pour que le pauvre chef d'antenne se retrouve devant un casse-tête pour installer tout le monde. Les antennes sont dépourvues de tout. Pas de bureau,pas de salle de conférence pour les formations qui sont leur raison d'être, pas de véhicule de liaison pour les inspections dans les établissements. Le chef d'antenne dont la zone d'influence correspond à celle du Drena, n'a pas de véhicule de fonction. Là où l'IEP dont la circonscription est assez limitée comparée à celle de l'Apfc, bénéficie d'un véhicule de fonction dans la même gamme que celui du Drena. Financièrement, ce n'est guère reluisant. C'est l'une des directions centrales qui subissent constamment des coupes budgétaires. Le fond de soutien à l'animation pédagogique (Fosap) prélevé sur les inscriptions des élèves est passé de 400 FCFA par élève inscrit à un peu moins de 100 FCFA. Le budget de fonctionnement atteint à peine 1 300 000 FCFA. Quelles missions de formation et d'encadrement peut on réellement accomplir, dans ces conditions ? On se demande bien sur la base de quels critères les priorités sont définies, au ministère de l'éducation nationale. Et pour faire boire le calice du mépris jusqu'à la lie aux encadreurs pédagogiques, aucune des réformes initiées dans le cadre de l'amélioration du secteur éducation /formation n'a jamais pris en compte leur situation financière dont la précarité éclabousse la formation continue. En effet, des quatre promotions d'inspecteurs pédagogiques injectées dans l'encadrement, depuis 2011, aucune ne bénéficie de prime liée à la nouvelle fonction, pourtant contraignante en terme de qualité de vie. Les débats sur la question ont pris la forme d'une véritable bataille de compétences et de stratégie entre les encadreurs pédagogiques, sur les différentes plateformes d'échanges. Et pour l'heure les propositions et suggestions penchent en faveur d'un refus du bras de fer avec l'autorité. Mais pour combien de temps ?

Emmanuel Fofana

Content created and supplied by: Emmanuelfofana (via Opera News )

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