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Reprise du dialogue politique : Les deux grosses pommes de discorde à redouter

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. Les trois grands leaders ivoiriens devraient pouvoir faire des concessions pour ne pas tomber dans le piège de l'intransigeance.


Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo ont beaucoup de choses à se dire, sur le plan purement politique. Mais ces trois personnalités pourraient aussi se quitter dos-à-dos en plein dialogue politique entre leurs mandataires. Voici les deux principales préoccupations qui pourraient les braquer les uns contre les autres.

Le mercredi 4 août 2021, Henri Konan Bédié, s’adressait par courrier au Chef de l’État, Alassane Ouattara président du Rhdp. Le contenu de ce courrier n’est pas forcément du goût de son destinataire. Pour cause, Bédié y aborde des sujets qui fâchent. Notamment l’ouverture d’un dialogue politique inclusif ; que soient inscrits à l’ordre du jour, « le découpage électoral » en préservant les acquis ; l’audit de la liste électorale. De la panoplie de demandes adressées à Alassane Ouattara, seule celle portant sur « l’ouverture du dialogue politique » est pour le moment partiellement satisfaite, encore que ce dialogue manque d’être « inclusif ».

Laurent Gbagbo quant à lui, insiste et persiste sur la libération de tous les prisonniers civils et militaires de la crise postélectorale de 2011-2011. Au cours de sa rencontre « historique » avec son rival Alassane Ouattara, il justifiait sa demande par sa qualité de « chef de file. « En ce qui me concerne, avec le président, j’ai insisté sur les prisonniers arrêtés au moment de la crise de 2010-2011 et qui sont encore en prison. Alors, j’ai dit au président – et vous serez d’accord avec moi – que j’étais leur chef de file et moi je suis dehors aujourd’hui. Eux, ils sont en prison. Et j’aimerais que le président fasse tout ce qu’il peut pour les libérer. J’ai insisté sur cela.» Combien de fois l’opposition n’a-t-elle pas demandé à Alassane Ouattara la libération des prisonniers politiques ? Cette demande refait surface à chaque tension sociale. Idem pour le découpage électoral concernant surtout la partie nord du pays où le Rhdp se taille la part du lion. Pourquoi le Pdci-Rda s’accroche-t-il au « nouveau » découpage électoral. Parce que c’est ce qui fait la force du Rhdp d’Alassane Ouattara. La crispation a ressurgi lors des élections législatives ivoiriennes du 6 mars 2021. La bataille pour le renouvellement des 255 membres de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire s’est faite dans la partie nord du pays.

Le Découpage électoral et ses trois paramètres fondamentaux. Une obsession ?


Selon les spécialistes de la question, trois paramètres fondamentaux caractérisent une élection démocratique et ces trois paramètres sont fournis par le « découpage électoral ». Ce sont : « le nombre de circonscriptions ; le nombre de sièges ; le nombre d’électeurs par circonscription ». Un découpage électoral est dit équitable lorsque le ratio « siège/électeurs inscrits » ne varie pas significativement entre les circonscriptions électorales. A l’inverse, un découpage électoral est dit « inéquitable » lorsque le régime en place taille des circonscriptions sur mesure, pour ses partisans, avec pour objectif d’être majoritaire dans les différents centres de décision des Pouvoirs que sont l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire. C’est pourquoi tous les partis politiques à l’instar du Pdci-Rda de Bédié ont dans leurs Termes de référence (TDR), inscrit en lettres d’or, le découpage électoral.

Le vrai point de blocage du dialogue politique

Une vue d'un bureau de vote, en Côte d'Ivoire pays où les élections constituent des éléments de tension sociale.

A n’en point douter, les discussions au Dialogue politique qui reprennent ce jeudi 20 janvier entre le gouvernement, les partis politiques et les organisations de la société civile, seront focalisées sur ces trois paramètres fondamentaux qui caractérisent une élection démocratique. Et c’est ici justement que Alassane Ouattara du Rhdp et Henri Konan Bédié du Pdci-Rda ne s’accordent pas. Ce même problème se posera aussi entre le gouvernement d’Alassane Ouattara et les autres parties prenantes au dialogue.

Libération des prisonniers militaires, autre point de blocage.

Le général de brigade Brunot Dogbo Blé, ancien Commandant de la Garde républicaine, il est devenu le symbole des prisonniers militaires.

Au même moment, le PPA-CI de Laurent Gbagbo continuera de marteler sur la « libération des prisonniers » dont de nombreux officiers militaires. Gbagbo avait déposé une liste de 110 prisonniers que Ouattara a royalement ignorée. Tous condamnés à 20 ans d’emprisonnement ferme, ils ont déjà purgé plus de la moitié de cette peine. Et le régime Ouattara ne veut entendre raison malgré les appels incessants venant de tous les horizons. Ces officiers de l’armée ivoirienne pourraient passer les neufs (09) années restantes en prison. En définitive, Alassane Ouattara se sera montré intransigeant sur ce dossier comme sur celui du découpage électoral. Mais alors le chef du régime Rhdp court le risque de s’exposer à un durcissement et à une radicalisation de la position de l’opposition.

Haity



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