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Du discours de Sankara en 1984 au discours de Choguel Maïga en 2021, l'Afrique se revolte à l'ONU

Thomas Sankara, ancien Chef d'Etat du Burkina Faso assassiné en 1987


Des dirigeants africains profitent parfois de la tribune de l'ONU pour se révolter contre l'ordre mondial qui met l'Afrique à la traîne. Ce fut le cas en 1984 avec Thomas Sankara et ce fut aussi le cas le 25 septembre 2021 avec Choguel Maïga. Le Premier ministre du Mali a prononcé ce jour-là un discours qui a sonné comme un cri de révolte face à la situation d'insécurité sur le sol de son pays. Il s'est voulu tranchant devant les atrocités dont sont victimes les populations maliennes, atrocités perpétrées par des groupes Djihadistes. Et ce, malgré la sur-militarisation du pays avec la présence des forces de l'ONU avec la MINUSMA et des Forces françaises avec Barkhane.

Son discours prononcé au moment de la décision de la France de la réduction progressive de ses forces, Choguel Maïga a parlé "d'abandon en plein vol", a invité la communauté intestinale à changer de paradigme et dit la volonté du Mali à explorer une autre approche.

"La nouvelle situation née de la fin de l’Opération Barkhane, plaçant le Mali devant le fait accompli et l’exposant à une espèce d’abandon en plein vol, nous conduit à explorer les voies et moyens pour mieux assurer la sécurité de manière autonome ou avec d’autre partenaires, de manière à combler le vide que ne manquera pas de créer par la fermeture de certaines emprises de Barkhane dans le Nord de notre pays. Cette situation doit également inciter les Nations Unies à avoir désormais une posture plus offensive sur le terrain", a déclaré Choguel Maïga.

Ce discours qui a irrité les autorités françaises fera date dans l'histoire du Mali et de l'Afrique comme celui tenu le 4 octobre 1984 à cette même tribune de l'ONU par Thomas Sankara, alors Chef de l’Etat du Burkina Faso. Cette intervention a été plus corsée et se voulait panafricaniste car Sankara avait dit parler au nom du peuple Bukinabè mais aussi au nom de tous les déshérités du continent noir.

"Ma seule ambition est une double aspiration : premièrement, pouvoir, en langage simple, celui de l’évi-dence et de la clarté, parler au nom de mon peuple, le peuple du Burkina Faso ; deuxièmement, parvenir à expri-mer aussi, à ma manière, la parole du « Grand peuple des déshérités », ceux qui appartiennent à ce monde qu’on a malicieusement baptisé Tiers-Monde. Et dire, même si je n’arrive pas à les faire comprendre, les raisons que nous avons de nous révolter", avait souligné Sankara.

Un discours qui lui avait aussi valu une levée de boucliers des puissants de ce monde et qui avait signé en quelque sorte son arrêt de mort. Des observateurs soutiennent jusqu'à ce jour que l'élimination physique du père de la Révolution burkinabé en 1987 provient en partie de ce discours historique.

Dan Opéli

Content created and supplied by: Dan_Opeli (via Opera News )

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