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Coups d'État et confiscation du pouvoir : si le vrai problème était le peuple africain ?

À peine le Colonel Mamady Doumbouya, l'auteur du putsch en Guinée contre Alpha Condé, a-t-il occupé le Palais du peuple de Conakry qu'un mouvement de soutien a déjà vu le jour. La journée de lundi 6 septembre, les images d'une banderole conçue par une poignée de jeunes guinéens ne sont pas passées inaperçues. Il s'agit vraisemblablement d'un mouvement de soutien au Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) mis en place par la junte. "Mouvement des jeunes leaders pour la consolidation de la paix, de la cohésion sociale et de soutien au CNRD", indique l'affiche, déroulée le long d'un mur.

D'autres images montrant des habitants de Conakry en train d'exulter, ovationnant les forces spéciales à l'origine du coup d'État ont circulé. À croire que ce genre de soutien précipité est symptomatique du mal qui rogne la société africaine. Ce n'est pas seulement qu'en Afrique l'on assiste à des scènes de liesse populaire lorsqu'un dirigeant est déchu, mais celles-ci sont quand même légions sur le continent. C'est aussi la liberté d'expression, dira-t-on. Mais il y a fort à prier que ce sont ces "mouvements" qui leurrent ou induisent en erreur certains putschistes, en leur donnant le goût du pouvoir. Pas étonnant qu'après, d'autres parmi eux se retractent et décident d'y rester. D'où les nombreuses désillusions au lendemain de la plupart des coups de force, à l'exception près du Ghana avec Jerry Kawlings ou au Mali avec Amadou Toumani Touré dans les années 1990.

Ce scénario du coup d'État devenu problématique s'est produit en Côte d'Ivoire, en décembre 1999, avec le Général Robert Guéi. Après que la population ait applaudi ce coup d'État jugé "salvateur" à l'époque par certains. À bas le président, vive le général ! Mais très vite, l'on retombe dans un schéma presque classique lorsque la junte manifeste des velléités de confiscation du pouvoir.

Il ne faudrait pas s'étonner si un jour, des individus viennent convaincre le Colonel Mamady Doumbouya de troquer le treillis pour un costume et de créer un parti politique pour se présenter à des élections qu'il organiserait peut-être lui-même... L'Afrique et ses héros. Surtout l'Afrique et ses incroyables talents.

D'où la question de savoir si le peuple africain n'est pas responsable de ce qui lui arrive. Sous d'autres cieux, c'est impensable. Chaque peuple mérite clairement ses dirigeants. L'égarement de certains de nos chefs d'État ou leur volonté de s'accrocher au pouvoir tient souvent à notre attitude vis-à-vis d'eux. La faute à l'ignorance, l'analphabétisme ou le manque de culture démocratique ? That's the question.

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

CNRD

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