Sign in
Download Opera News App

 

 

« Capital » de l’opposition : comment Mama vole la vedette à Daoukro

Le village natal, du Président Laurent Gbagbo est très couru en ce moment. Après la visite des populations Wè à Mama (Ouaragahio), voilà qu’il y est annoncé les Akan. Ce village tend à prendre l’allure de la « capitale » de l’opposition, au détriment de Daoukro qui était jusque-là, la ville référence.La population Wè, lors de la visite à Mama (Photos Web)

En l’espace de quelques jours seulement, Mama vient d’enregistrer deux évènements majeurs qui ont déplacé du beau monde. Il y a d’abord eu le retour de Laurent Gbagbo sur ses terres ancestrales, le 25 juin 2021 où il était allé s’incliner sur la tombe de sa mère, à Blouzon à quelques encablures de son village paternel, Mama. Ensuite, la visite du peuple Wè venu de tous les départements du Cavally et du Guemon, toujours dans le même village.

L’ancien ministre de la Défense, et de l’Éducation nationale, Amani N’Guessan a annoncé à cette occasion, la visite prochaine des Akan, peuple majoritairement du centre et du sud de la Côte d’Ivoire. L’on peut gager que cette ruée des populations ivoirienne vers Mama ne fait que commencer. Il n’y a pas si longtemps, c’était à Daoukro les populations en général et les ténors de l'opposition en particulier, se pressaient. Comment décrypter ce changement de cap ?Le Président Gbagbo, lors de sa première visite à Mama, à son retour de Bruxelles (Belgique)

Il est incontestable que depuis son retour en Côte d’Ivoire, le 17 juin 2021, Laurent Gbagbo trust toute l’attention. Aussi bien des médias que des hommes politiques eux-mêmes. La presse nationale comme internationale n’ont d’yeux que pour lui. En ce sens, aller à Mama pour le rencontrer est comme une sorte de pèlerinage. La visite des Wè ou des Akan annoncée pour bientôt pouvait bien se tenir à Abidjan où l’ex-Chef d’État a sa résidence. Mais tous choisissent Mama, chez lui, pour respecter la tradition africaine qui veut que la compassion s’exprime de préférence là où reposent les restes des ancêtres.

L’on peut déduire dès lors de ce grand intérêt des populations pour Laurent Gbagbo qu’il a revêtu, sans en donner l’impression, le costume de leader de l’opposition. C’est ce rôle qu’il joue en posant directement la problématique des prisonniers politiques et des exilés, y compris Guillaume Kigbafori Soro et ses fidèles compagnons, à Alassane Ouattara. Il s'est également prononcé sur les mœurs politiques en Côte d'Ivoire qui riment toujours avec la violence. Il demande une rupture radicale sur cette "façon de faire la politique". Le Président Bédié peu visible depuis quelques temps sur la scène politique

De son côté, le pouvoir semble l’avoir choisi comme l’unique et le plus représentatif interlocuteur de l’opposition. A preuve, le dialogue est suspendu, quand il n’est simplement pas rompu avec les autres leaders de l’opposition. Y compris Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire.

L'unique tête-à-tête entre Ouattara et Bédié date déjà de près d’une année (11 novembre 2020). Et depuis, plus rien. Ceci expliquant cela !

Théodore Sinzé

 

 

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

daoukro laurent gbagbo mama

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires