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Opération Épervier 7 : la patrouille de sécurisation qu'on a eu tant de mal à comprendre !

Annoncée vendredi 24 septembre, la police nationale "avec les autres forces de défense et de sécurité" ont entamé en fin de soirée une patrouille de sécurisation sur l'étendue du territoire. La septième phase des opérations de sécurisation, dénommée "Épervier".

Lors du lancement de celle-ci le 16 septembre dernier à Yopougon, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé précisait que l'opération (qui mobilise 3 000 agents des forces de l'ordre) va s'étendre jusqu'aux grandes vacances scolaires 2022. La patrouille conjointe de vendredi 24 septembre a permis l'interpellation d'un certain nombre de personnes, en majorité des jeunes hommes.

On a eu cependant du mal à saisir le sens de l'opération. Si bien que l'on a fait la confusion, entre celle-ci, la rafle générale et même le... couvre-feu. Incompréhensible encore, pour eux, le fait que la police informe la population avant le démarrage de cette patrouille de sécurisation censée lutter contre la délinquance juvénile, la criminalité, les gares anarchiques, le trafic de stupéfiants, les menaces terroristes... À en croire des raisonnements, les cibles ont tout le temps de se défiler pendant cette période, pour ensuite reprendre leurs activités. «Même mon fils de huit ans sait qu'il y aura une opération de ce type ce soir. (...) Depuis quand le chat dit à la souris qu'il va la poursuivre à partir de minuit ?», déclare un habitant.

Mais il ne s'agissait pas d'une opération de rafle, comme on l'a cru. De source sécuritaire, il existe trois types de rafles. La rafle générale fait souvent l'objet d'une annonce publique avant son démarrage (à la télévision, radio ou presse écrite), afin d'informer la population. Le deuxième type de rafle est systématique. Cette opération est menée par rapport à une situation alarmante sur le territoire et ne nécessite pas une sensibilisation préalable. Le troisième type de rafle est effectué dans des zones ciblées par les autorités sécuritaires. C'est le cas des sites d'orpaillages clandestins, par exemple.

(Rassemblement avant le départ sur le terrain)

«La rafle générale se fait dans un but dissuasif. C'est une démonstration de force pour dissuader l'ennemi, en fonction des informations reçues. Ça peut être une information sur un coup d'État en préparation, la présence de mercenaires, des infiltrations, etc. Cela participe de la prévention, notamment après ce qui s'est passé en Guinée», explique un commandant et ex-instructeur à la gendarmerie nationale, que nous avons joint samedi 25 septembre.

«Lorsqu'il s'agit vraiment d'une sécurisation, dans le but de surprendre, on ne fait pas d'annonce. Les réunions se font entre les grands chefs de l'armée. Le jour J, il y a un rassemblement, on donne les instructions. Puis, on procède au bouclage de la zone avant de passer à l'action», ajoute le commandant qui a requis l'anonymat, citant le cas du démantèlement des sites d'orpaillages. «On a parfois des éléments qui infiltrent ces sites. Ils se font embaucher et travaillent incognito avec eux. Pendant les heures de pause, ils nous transmettent des informations qui vont servir à mener l'opération. En l'espèce, si vous annoncez à la télévision que vous ferez un ratissage dans une telle zone, qui trouverez-vous là-bas ?»

Lorsqu'il s'agit d'une rafle, les personnes interpellées sont généralement relâchées au bout de 48 heures maximum, après vérification de leur identité. Une libération au vu de la loi, s'il n'y a pas la preuve de leur implication dans des situations délictuelles.

Il n'est donc pas interdit de sortir la nuit, durant une opération de sécurisation ou de sensibilisation comme celle de vendredi dernier qui s'étend sur tout le territoire. Mais il peut y avoir des rafles lors de cette opération. La rafle est aussi différente du couvre-feu où il n'est pas autorisé de flâner dans les rues à compter d'une certaine heure, sauf cas de nécessité.

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

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