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Grâce présidentielle pour Gbagbo / Sam l'Africain à Ouattara : "C'est une demie mesure"

La décision d'Alassane Ouattara d'accorder la grâce présidentielle à son prédécesseur Laurent Gbagbo, continue de faire réagir diversement la classe politique ivoirienne. Cette fois, c'est l'opposant Sam l'Africain, qui dans une publication ce mercredi 10 Août sur sa page Facebook, donne sa position.


Dans son message à la nation à la veille de la célébration du 62e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara annonçait une grâce présidentielle accordée l'ex Président Laurent Gbagbo ainsi qu'à deux anciens hauts gradés de l'armée. «Dans le souci de renforcer davantage la cohésion sociale, j'ai signé un décret accordant la grâce présidentielle à monsieur Laurent Gbagbo ancien président de la République », avait laissé entendre le locataire du palais présidentiel d'Abidjan.


Réagissant, la Nouvelle Alliance de la Côte d'Ivoire pour la Patrie (NACIP) a tenu à saluer cette décision arrêté par le Chef de l'Etat, sans toutefois passer sous silence ses insuffisances. A l'en croire, «la Côte d'Ivoire a besoin de définitivement guérir des maux laissés et engendrés par la crise de 2010. Et pour y arriver l'amnistie nous semble mieux indiquée que la grâce. Pour nous, la grâce présidentielle accordée au président Laurent Gbagbo, est une "demie mesure", qui malheureusement expose la profonde méfiance qui règne encore dans les esprits et les cœurs». 


C'est pourquoi le parti conduit par Mohamed Sam Jichi, dit Sam l'Africain «demande à son excellence Mr le Président de la République de procéder à l'amnistie pure et simple de son prédécesseur et de tous les autres prisonniers de la crise ivoirienne pour définitivement tourner cette page sombre de l'histoire de notre pays. Car contrairement à la grâce, l’amnistie efface les condamnations prononcées , elle supprime rétroactivement le caractère délictueux des faits. Aucune information ne figure plus sur le casier judiciaire du bénéficiaire de l’amnistie, ce qui n'est pas le cas de la grâce présidentielle».


Pour l'homme politique proche de Laurent Gbagbo, cet acte s'inscrirait dans la même ligne que l'ordonnance d’amnistie signée par le Président Alassane Ouattara en Août 2018. Celle-ci accordait en effet la libération à 800 prisonniers dont l'ex première dame Madame Simone Gbagbo, Lida Kouassi, Assoa Adou, Soul to soul ex-Chef de protocole de Guillaume Soro… «La NACIP souhaite que cela soit également fait non seulement pour le président Laurent Gbagbo mais aussi pour tous les autres prisonniers civils et militaires de la crise post électorale de 2010 en Côte d'Ivoire. Nous appelons donc le chef d'état son excellence Monsieur Alassane Ouattara à sauter le pas en optant plutôt pour l'amnistie.», a d'ailleurs conclu son premier responsable avant.


Notons que cette position est également partagée par le Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (Ppa-CI). « L’annonce du 6 aout 2022, de la grâce présidentielle accordée au président Laurent Gbagbo ne réponds pas aux attentes légitimes de nos compatriotes. Le PPACI se félicite de la libération vice-amiral Vagba Faussignaux et au commandant Jean-Noël Abéhi, du dégel des avoirs du président Laurent Gbagbo et du rappel de sa rente. Cependant le PPACI demande l’application des recommandations du dialogue politique. Notamment la libération de tous les prisonniers civiles et militaires, l’arrêt des poursuites contre les responsables politiques de l’opposition, la prise d’une loi d’amnistie, en lieu et place d’une grâce présidentielle, le retour sécurisé des exilés ; al reforme de la CEI ainsi que tout le cadre institutionnel », avait insisté mardi, Koné Katinan Justin, Porte-parole du parti de Laurent Gbagbo.


Mamadou Ouattara

Content created and supplied by: MamadouO (via Opera News )

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