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L’autonomie énergétique comme solution au délestage électrique en Côte d'Ivoire

Depuis plusieurs jours, la Cote d’Ivoire est soumise à un régime de délestage qui ne veut pas dire son nom, en raison des coupures intempestives de l’électricité dans presque toutes les régions du pays qui se veut un leader régional dans le secteur de l'électricité.

La principale cause de ce délestage, selon le Ministère de l’Énergie, c’est le bas niveau de l'eau des barrages dû à la faible pluviométrie et aux changements climatiques qui limite la production hydroélectrique.

Comme pour ne rien arranger, des pannes à la centrale thermique d'Azito d'Abidjan qui produit le tiers de l'électricité du pays ont été enregistrées.

Après plusieurs atermoiements et tentatives d’explication des autorités gouvernementales et de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE), qui ressemblaient plutôt à des fuites en avant, la CIE , entreprise concessionnaire du service public dont elle a le monopole, et qui est chargée de l’exploitation des ouvrages de production, de transport, de distribution, de commercialisation, d’importation et d’exportation d’énergie électrique a finalement pris son courage à deux mains pour passer aux aveux et décider de publier le mardi 11 mai dernier, un programme de rationnement de l’électricité. 

Le tout nouveau Ministre des mines, du pétrole et de l’énergie, M. Thomas Camara avait déjà annoncé que cette situation de rationnement prévoit 6 heures de coupure d’électricité par jour dans les ménages et devrait durer environ 3 mois.

Pour lui, il s’agit d’un problème conjoncturel et non structurel causé par une série d’incidents et à l’utilisation de l’électricité hydraulique. Que la production actuelle d’électricité ne suffit pas pour approvisionner l’ensemble de la demande sur le sol ivoirien. Que par conséquent, la Côte d’Ivoire a décidé de réduire ses exportations d’électricité de 200 à 60 Mégawatts du fait de cette situation de rationnement.

Enfin il soutient mordicus que cette situation ne peut être assimilée à un délestage car, nous ne sommes pas dans une situation structurelle de déficit. Le déficit va se résorber dans 2 mois. Et même si rien n’est fait, l’équilibre va revenir. Que c’est juste une insuffisance de production de manière momentanée.

Après plus de soixante ans d’indépendance et en ce vingt et unième siècle, comment peut-on encore en être à un niveau où le pays est soumis aux aléas climatiques en matière de production d’électricité ?

Qu’a-t-on fait de la météorologie, la science qui étudie les phénomènes atmosphériques et de leurs lois, notamment en vue de la prévision du temps ? 

Quand on sait que nos pays africains sont des scandales en sources d’énergie naturelles (cours d’eau, vent, soleil), en ressources minières et minérales où les plus forts viennent puiser à volonté depuis l’époque de la traite négrière jusqu’à l’époque actuelle en passant par la colonisation, il y a lieu de convoquer les expériences des autres Etats notamment les plus développés pour s’inspirer de leurs pratiques en matière de production et de distribution de l’énergie électrique. 

Les réseaux électriques africains étant depuis toujours instables et les coupures d’électricité étant fréquentes et faisant partie de leur quotidien, peut-on raisonnablement parler de situation conjoncturelle ? N’est-ce pas la structure et même la superstructure de l’organisation de la production à la distribution de cette énergie qui est en cause ?

Les coupures d’électricité ne sont pas une malédiction divine infligée aux pays africains. En outre, point n’est besoin d’être un expert en la matière pour savoir que les aléas climatiques font partie des réalités de tous les Etats qui existent sur la planète terre, aléas climatiques dus à l’action de l’homme sur son environnement. Dans ces conditions, pourquoi ces aléas affectent outre mesure et particulièrement les réseaux africains ?

Plus que jamais, il est temps de trouver des solutions alternatives et durables à cette problématique de production et de distribution de l’énergie électrique afin de parer à ces problèmes récurrents de délestage. 

Aussi, comment arriver à atteindre l’autonomie énergétique qui apparait comme la solution au délestage électrique en Cote d’Ivoire ?

L’autonomie énergétique qualifie la capacité d’un groupe à maîtriser plus ou moins son avenir énergétique. L’autonomie ne passe pas seulement par la mobilisation des énergies renouvelables, le stockage est désormais associé à cette notion d’autonomie.

L’autonomie énergétique, c’est produire sa propre énergie pour s’auto suffire et faire des économies d’énergie.

Pour atteindre l’autonomie énergétique en Cote d’Ivoire, il faut d’abord commencer par mettre fin à la privatisation de ce secteur stratégique. L’Etat devra prendre les choses en mains, satisfaire la consommation locale avant de vendre aux pays voisins et planifier les investissements dans ce secteur. Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ? 

D’autre part, la fin de la privatisation va signifier aussi la fin du monopole de la CIE dans l’exploitation des ouvrages de production, de transport et de distribution de l’énergie électrique. L’Etat pourra ainsi envisager l'option de l'utilisation complémentaire de d’autres sources d’énergie telle que l'énergie solaire dont on dispose à profusion en Côte d'Ivoire. C'est une volonté politique qui peut se matérialiser dans la défiscalisation des coûts de matériaux utilisés pour la production de l'énergie solaire et surtout en autorisant l'installation des opérateurs de l'énergie solaire. La Cote d’Ivoire a tout à gagner dans l'augmentation de l'offre énergétique. Et cette source d'énergie solaire pourrait être réservée en priorité aux ménages étant entendu que cela va dégager du surplus d'énergie qui pourrait être commercialisé aux entreprises.

La Cote d’Ivoire doit accepter d’entrer dans la modernité dans son rapport au secteur de l’énergie en s’inspirant des bonnes pratiques dans ce domaine. C’est le lieu d’interpeller les experts et autres sachants en matière d’énergie afin d’instruire le commun des ivoiriens sur les tenants et les aboutissants de ce secteur qui connait trop souvent sous nos tropiques, le phénomène du délestage et arrêter de se complaire dans de vaines logomachies et laisser prospérer les demie-vérités et les contrevérités.

Content created and supplied by: GIARD (via Opera News )

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