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Enrôlement de Gbagbo: Babily Dembélé invite Ouattara à tourner définitivement les tristes pages

Homme politique et homme d’affaire ivoirien, Architecte, diplômé de l’Académie des Sciences de Paris, Expert en Construction et Aménagement de l’Espace, Président de l´Alliance pour la République(APR), Babily Dembélé se prononce sur l'enrôlement de Laurent Gbagbo sur la liste électorale et le retour de Charles Blé Goudé en Côte d'Ivoire.

Babily Dembélé, Président de l'Alliance Pour la République(APR)


Monsieur Babily Dembélé, l'opération de revision de la liste électorale a débuté depuis le 19 novembre. Comment se passe-t-elle à Kouto dans le nord où vous êtes installé depuis le début de l'année?

Je constate que les gens ne sont pas suffisamment motivés. La population rurale est plus préoccupée par les soucis du quotidien:comment se soigner, comment manger et comment scolariser leurs enfants. C'est vrai que ce sont les nouveaux majeurs que cette opération concerne le plus mais de façon générale on ne sent pas trop les choses ici.

C'est dans ce contexte que l'ex-Président de la République Laurent Gbagbo s'est fait enrôler de nouveau car il avait été radié de la liste électorale en 2020. Que pensez-vous de cet acte?

C'est un acte d'humilité et de citoyenneté pour un ancien Président de la République. Et cela devrait être salué par tous les Ivoiriens. Malheureusement, j'entends certains dire que c'est un coup d'épée dans l'eau car une chose est de se faire enrôler et une autre est d'être retenu sur la liste. Je crois qu'il faut cesser de jouer avec la Côte d'Ivoire. On comprend difficilement que Laurent Gbagbo avec son statut d'ancien Président de la République, acquitté par la CPI revienne dans son pays et qu'on lui trouve au plan local des motifs de condamnation juste parce qu'on veut l'empêcher de se présenter de nouveau à des élections en Côte d'Ivoire. C'est un recul démocratique. Au nom de la réconciliation, on ne devrait exclure personne car c'est à cause de l'exclusion que le pays avait basculé. J'interpelle le Président Alassane Ouattara. Qu'il se souvienne que la Constitution ne lui permettait pas d'être candidat à la Présidence de la République mais c'est Laurent Gbagbo qui avait usé de l'article 48 de la Constitution pour qu'il soit candidat au nom de la paix. C'était un acte fort. Il revient donc à son tour à Alassane Ouattara d'emprunter la voie de ce compromis politique en prenant une loi d'amnistie pour blanchir totalement le président Laurent Gbagbo et tous ceux qui sont encore en prison dans le cadre la crise post-électorale de 2010-2011 et permettre à la Côte d'Ivoire de refermer définitivement cette parenthèse. L'Etat ivoirien doit faire en sorte que les pages de cette crise soient définitivement tournées et la réinscription du président Laurent Gbagbo sur la liste électorale participera à cela.

Dans tous les cas, les Ivoiriens ne doivent pas désespérer. Houphouët-Boigny disait:" il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. L'eau qui tombe goûte par goûte finit par percer le plus dur des rochers." C'est dire que certes, depuis la mort d’Houphouët-Boigny, les Ivoiriens connaissent des turbulences politiques qui ont causé beaucoup de désespoirs, c'est vrai qu'ils souffrent du fait de la cherté de la vie mais ils ne doivent pas perdre patience et confiance.

L'un des actes pouvant refermer cette parenthèse douloureuse est incontestablement le retour de Charles Blé Goudé. Qu'en dites-vous?

Je me réjouis de ce retour qui, pour moi, a mis trop de temps. Juste après son acquittement, il devrait rentrer dans son pays. La Constitution lui en donne le droit. Ce n'est donc pas un cadeau pour lequel il faut remercier la République. J'aurais souhaité qu'il exprime juste sa compassion pour les victimes des crises et plaide pour la libération des personnes encore en prison dans le cadre de ces crises.

Mais dès son arrivée, il a exprimé sa compassion pour les victimes lors de sa première intervention à Yopougon...

D'accord, mais je n'apprécie pas qu'il ait évoqué le fait qu'il avait 30 ans, c'est pourquoi il a fait certaines choses.

Quelles sont pour vous les priorités actuelles du pays?

C'est de tourner définitivement les pages des crises. Que mon frère Alassane Ouattara regarde l'intérêt supérieur de la nation, qu'il prenne une loi d'amnistie afin que le nom de Laurent Gbagbo soit reinseré sur la liste électorale, afin que soient libérés tous ceux qui sont encore en prison dans le cadre des crises politiques. Je demande aux chefs religieux, musulmans et chrétiens, de se joindre à moi pour lui passer ce message.

Interview réalisée par Dan Opéli

Content created and supplied by: Dan_Opeli (via Opera News )

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