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"Petit frère, Sarko, tu vois ce que tu as fait?", balbutiait un témoin du 11 Avril 2011,chez Gbagbo

Il fait partie des témoins vivants de la journée tragique du 11 Avril 2011, au cours de laquelle, Laurent Gbagbo, ex chef d'état Ivoirien et rival d'Alassane Ouattara, dans la crise postélectorale de 2010-2011, a été capturé avec son dernier carré de fidèles, qui avaient survécus aux bombardements de l'armée Française sur la résidence officielle du chef de l'état à Cocody. 

Ce jour-là, comme lors d'autres événements marquants de l'histoire de la Côte d'Ivoire de la période 2002-2011, Sidiki Bakaba, cinéaste Ivoirien et ancien directeur général du palais de la culture d'Abidjan, était présent, la caméra au poing, pour filmer ces scènes d'une violence assourdissante, qui ont abouti dans la même matinée, à l'arrestation de son frère et ami, qui contestait l'élection reconnue par la communauté internationale de son rival du second tour de la présidentielle de Novembre 2010, Alassane Ouattara. 

Blessé dans les frappes des aéronefs Français, cette figure emblématique du cinéma Africain, qui détient la double nationalité Ivoirienne et Française, en a ressenti une profonde indignation tel qu'il nous le confiait ce Jeudi 09 Avril 2021, à 48 heures de la commémoration du 10ème anniversaire de la chute de Laurent Gbagbo. 

Ensanglanté par les blessures provoquées par le tir d'un missile Français qui lui a laissé de nombreux éclats dans le corps, il en garde tout de même, une bribe de souvenirs, enfouis dans sa mémoire. ''Je sais que je me suis filmé en me disant, on ne sait jamais. Et je me suis dit, je m'adresse à Sarkozy: ''Petit frère Sarko, tu vois ce que tu as fait. Je suis blessé par des armes pour lesquels moi même j'ai cotisé. J'ai payé mes impôts'', se rappelle-t-il avoir sorti de sa bouche sur la banquette sur laquelle il avait été installé à l'infirmerie. S'il a eu la vie sauve, c'est certes grâce à la promptitude des médecins qui l'ont rapidement pris en charge, mais surtout grâce à la loyauté de l'artiste-chanteur Paul Madys qui ''était là''. 

Il ne cesse de le rappeler, ''Je ne suis pas sûr que j'aurais survécu si Paul Madys n'était pas venu comme un ange. Au moment où tout le monde se cherchait, il ne m'a jamais lâché''. Et ce, au milieu ''des corps'', qui ''jonchaient partout''. Aujourd'hui encore, le cinéaste, exilé en France, continue de revisiter dans sa mémoire, cette période tragique de l'histoire de la Côte d'Ivoire, qui 10 ans après, semble ne pas avoir rompue avec ses vieux démons, malgré toutes les atrocités gravées dans sa chair.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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