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Retrait de la vie politique : Alassane Ouattara cherche une porte de sortie

La proposition soudaine de loi du député maire de Tiassalé, Assalé Tiemoko, visant à réintroduire la limitation d'âge des candidats à la présidentielle et les propos d'Alassane Ouattara, au cours de l'entretien accordé au confrère Jeune Afrique du lundi 27 septembre 2021 laissent transparaître la volonté du chef de l'État ivoirien, de se retirer.

D'emblée, il convient de savoir qu'Alassane Ouattara joue sa sortie politique. L'ex-sous directeur du Fonds monétaire international (FMI) qui a jouit du soutien sans faille de la communauté internationale lors du bicephalisme à la tête de l'État ivoirien en 2010, joue gros. Selon le confrère Jeune Afrique du 08 août 2020, le chef de l'État ivoirien envisage, au soir de sa carrière politique, créer une Fondation dédiée à la bonne gouvernance et au climat.

Si Alassane Ouattara avance des circonstances exceptionnelles qui, dit-il, l'ont amené à revenir sur sa décision de ne pas être candidat en 2020, il ne saurait donner l'exemple avec sa Fondation axée sur la bonne gouvernance en multipliant les troisièmes et quatrièmes mandats comme le soutiennent ses lieutenants Adama Bictogo et Mamadou Touré selon lesquels il n'est qu'au premier mandat de la troisième République.

Le risque pour Alassane Ouattara avec une candidature en 2025, c'est le mandat de trop à l'instar du cinquième mandat d'Idriss Deby après 26 ans de règne sans partage. Ce mandat de trop pourrait embraser le pays et faire sortir Alassane Ouattara par la petite porte porte ou encore la fenêtre. Au risque de partir sous les quolibets, Alassane Ouattara prend des gants.

"Pour 2025, je prendrai la décision appropriée le moment venu. Cela dit, ma position est connue, puisque je l'avais exprimée en mars 2020." a-t-il indiqué à Jeune Afrique lundi 27 septembre dernier.

Là où le bât blesse, Alassane Ouattara ne souhaite pas se retirer seul. Il veut contraindre ses adversaires politiques à la retraite. Ce qui explique sa bourde du 02 décembre 2019 durant laquelle il conditionne son retrait à ceux de ses adversaires politiques sans les citer. " S'ils sont candidats, je serai candidat" affirmait mordicus Alassane Ouattara lors de son meeting de clôture dans la région du Hambol.

Le contraste est éloquent car Alassane Ouattara soutient aujourd'hui que " la Constitution doit être impersonnelle. La question, ce n'est pas Ouattara, Bédié ou Gbagbo." Si tel est le cas, pourquoi conditionne-t-il son retrait à ceux de Laurent Gbagbo et de Henri Konan Bédié ?

Quelle issue donc pour Alassane Ouattara ?

C'est dans un tel contexte qu'apparaît subitement la saugrenue proposition de loi du député maire Assalé Tiemoko comme pour lancer une bouée de sauvetage à Alassane Ouattara.

"Je rappelle, une énième fois, que j'avais décidé de partir alors que j'avais 78 ans. C'est un débat qui ne me gêne pas. Il appartiendra au Parlement d'approuver ou de refuser la proposition." avoue Alassane Ouattara qui semble saisir la perche.

Seulement que par parallélisme des formes, c'est par le voie référendaire que cette proposition de loi doit être soumise vu que c'est le moyen par lequel la Constitution de 2016 a été adoptée.

En somme, Alassane Ouattara semble ne pas être chaud pour un quatrième mandat successif ou deuxième mandat de la troisième République selon des partisans. A moins que d'autres circonstances exceptionnelles le contraignent à un autre revirement spectaculaire. Reste à savoir si ses fidèles lieutenants accepteront de le voir se retirer ou à savoir si Alassane Ouattara acceptera d'etre succédé à la tête de l'État par l'un de ses principaux adversaires politiques Laurent Gbagbo ou Henri Konan Bédié.

" Certains sont candidats mais cela fait 10 ou 20 ans qu'ils ne travaillent plus. Que pensent-ils pouvoir apporter à la Côte d'Ivoire ? Rien." lançait Alassane Ouattara lors de la présidentielle 2020, visant Henri Konan Bédié, sans le citer.


Cyrille NAHIN

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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