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Succession générationnelle : le jeu clair-obscur des 3 grands de la politique ivoirienne

Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. Ces trois ténors de la scène politique nationale ne donnent pour l'heure aucune indication sur leur avenir public. Dans leur cercle immédiat, la question de la retraite fait partie des sujets tabous.Alassane Ouattara ne fait rien savoir sur son avenir politique (Photos web)

La présidentielle de 2025 sera-t-elle un remix de celle de 2010, avec sur le starting-blocks, Allassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié ? C'est peu probable, mais nul ne peut en être vraiment sûr.

Le facteur rédhibitoire est avant tout l'âge. Dans quatre ans, ils auront respectivement âgés de 83 ans pour Ouattara, de 81 ans pour Gbagbo et de 91ans pour Bédié. À ces âges vénérables, il n'est pas très commun de participer à des joutes électorales éreintantes. Mais, sait-on jamais et il peut toujours y avoir une motivation cachée qui redonne la fraîcheur et la vigueur des 20 ans, même a un vieillard ! Sait-on jamais ?

Des trois, c'est Alassane Ouattara qui avait montré quelques velléités de passation des charges à plus jeune. L'intention à peine exprimée que le temps d'un discours, il s'est aussitôt ravisé par «devoir morale » pour briguer un 3e mandat. Ses partisans parlent-eux, du premier mandat de la 3e République. Sous-entendant que la messe n'est pas encore dite pour 2025.

N'empêche, d'aucuns ont vite fait de soutenir que les Parlementaires qui poussent a hue et a dia actuellement pour obtenir le retour à l'âge plafond de 75 ans pour briguer la Présidence sont considérés comme commissionnés par le président du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). La vérité peut être pourtant très triviale ! Les partisans du Président en exercice l'ont-il sondé sérieusement sur ses intentions réelles ?

Ni le temps, ni les épreuves n'ont bridé l'entrain de Laurent Gbagbo

L'an 2022, c'est déjà aujourd'hui ! Si Ouattara avait été dans une option de renoncement, cela se saurait. Généralement, quand un chef décide de descendre de son siège, il désigne ostensiblement celui qu'il juge digne de la relève. Il agit ainsi surtout pour couvrir ses arrières. Sait-on jamais !

Au Rhdp justement, on est en pleine phase de recomposition et de redistribution des cartes. Tous ceux que l'on croyait déjà installés confortablement sur un piédestal ont tous déchanté. Le compteur est remis à zéro, comme on aime à le dire dans le parti de la majorité. En tout cas pour l'heure, aucune tête ne dépasse.

Quid de Laurent Gbagbo. L'ex-Président de la République s'est jeté à corps perdu dans une nouvelle aventure politique. malgré toutes les incertitudes qui planent sur sa tête. Il n'est même pas acquis qu'il puisse légaliser la formation politique qui verra le jour le 17 octobre 2021, a fortiori conduire une plus grande ambition. Son adversaire le plus farouche, Alassane Ouattara a dressé devant lui, un épouvantail judiciaire, à travers sa condamnation par contumace à 20 ans de prison. Cependant, il serait vraiment naïf de croire qu'un tel déploiement d'énergie de la part de l'ancien Chef d’État n'est pas soutenu par la perspective de la présidentielle de 2025. En tout cas, dans l'entourage de l'homme d'État, l'idée qu'il puisse renoncer à la candidature pour le siège suprême n' effleure même pas les esprits. D'autant plus que l'intéressé fait une impasse totale sur la question !Henri Konan Bédié, toujours bon pieds bon œil, malgré le poids des années

Que dire d'Henri Konan Bédié ? Il a la sérénité d'un commandant de navire-amiral. Les agitations et les manifestations d'impatience des jeunes loups de son parti ne lui provoque aucune ride sur le visage. Celui qui peut deviner ses intentions profondes possède assurément la science de l'oracle.

Au total, tout porte à croire que ces trois poids lourds du marigot politique ivoirien sont dans une belligérance permanente et qu'ils se sentent des destins liés. Soit ils renoncent ensemble, soit ils sont tous au départ de la course. « Si les gens de ma génération sont candidats, je serai moi-aussi candidat » avertissait Ouattara en 2020. Son dauphin putatif, Amadou Gon Coulibaly était encore de ce monde. Ce qui a été valable pour 2020 l'est encore pour 2025. Mieux ou pire, le président du Rhdp n'a pas cette fois-ci de successeur désigné !

La succession générationnelle au pouvoir d’État en Côte d'Ivoire demeure pour l'heure, un serpent de mer. Ceux que d'aucuns voudraient écarter par des artifices constitutionnelles sont encore là et déterminés comme jamais.

Théodore Sinzé

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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