Sign in
Download Opera News App

 

 

Interview/ Hausse des prix des denrées alimentaires : le président des consommateurs lance un appel

Le président du conseil d’administration de la Confédération des organisations de consommateurs de Côte d’Ivoire (COC-CI), Jean Baptiste Koffi, est monté au créneau pour interpeller les populations sur leur comportement qui contribue à la hausse des produits de première nécessité.

Vous êtes à la tête de la plus grosse faitière des organisations de consommateurs de Côte d’Ivoire. Que font vos organisations en cette période marquée par la propagation du Covid-19 ?

Je vous remercie pour cette occasion que vous nous donnez pour parler de nos actions. Comme vous l’indiquiez tantôt la COC-CI est la plus grande faitière regroupant l’ensemble des principales organisations de consommateurs actives dans notre pays. Notre cœur de cible, c’est la population, sans distinction de race, religion, parti politique etc. C’est dire que tout ce qui touche à la population ne peut pas nous laisser indifférent. Dès l’apparition de la pandémie du Covid-19 dans notre pays, les organisations de consommateurs n’ont pas attendu un mot d’ordre particulier pour se faire le relais des mesures barrières édictées par nos autorités auprès des consommateurs. Que ce soit à travers la presse, dans les gares routières, dans les marchés etc., les organisations de consommateurs sont allées aux contacts des populations pour leur expliquer le bien fondé et la nécessité de respecter toutes les mesures prises par le gouvernement pour freiner la propagation de cette maladie dans notre pays.


Parlant justement des autorités, quels sont vos rapports avec l’administration de façon générale. Etes-vous consulté dans la prise de certaines décisions concernant les consommateurs ?


Nos rapports avec les autorités sont très bons. Notre point de contact avec le gouvernement est le ministère du Commerce et de l’industrie. Le ministre lui-même et ses collaborateurs travaillent en toute harmonie avec les organisations de consommateurs. Nous les saisissons régulièrement pour apporter des réponses aux préoccupations des consommateurs. Mieux, au plan institutionnel, les organisations consuméristes sont des membres actifs du Comité technique du Conseil national contre la vie chère (CNLVC). A ce titre nous travaillons sur les mesures et actions à mettre en œuvre pour la lutte contre la cherté de la vie notamment en matière de transport, logement et surtout d’alimentation. Le CNLVC, il faut le rappeler est présidé par le Premier ministre avec comme vice-président le ministre du Commerce et de l’industrie. Tout ceci pour vous dire que la volonté du gouvernement d’associer les organisations de consommateurs aux prises de décision est une réalité.


Le gouvernement a pris récemment un certain nombre de mesures pour juguler les effets de la lutte contre le covid-19 sur l’économie et les populations. Votre organisation a-t-elle été associée à la prise de ces décisions ?

La pandémie du Covid-19 et sa vitesse de propagation constituent une situation inédite pour tous les Etats du monde entier. C’est une situation exceptionnelle qui a nécessité la prise de dispositions particulières par le gouvernement. En pareille circonstance il faut privilégier le fond sur la forme des choses. Le fond ici ce sont les vies humaines qu’il fallait absolument sauver. C’est ce qu’un gouvernement responsable devrait faire et c’est effectivement ce que le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly et son gouvernement ont fait. Nous n’avons pas été consulté mais nous sommes heureux que le Premier ministre ait lui-même, relevé dans son allocution que les mesures de lutte contre le Covid-19 impactaient négativement la vie des consommateurs. C’est donc de bonne foi qu’il a fait un certain nombre de propositions pour essayer de nous soulager. Nous lui en sommes reconnaissants pour ce qu’il a offert. Mais au regard des stigmates de cette crise, nous souhaitons qu’il fasse un peu plus. Ce n’est pas de la défiance à l’autorité mais plutôt une invitation à jeter un second regard sur la situation des consommateurs. Il faut veiller à ce que la lutte contre le Covid-19 ne vienne pas engouffrer les consommateurs dans d’autres problèmes comme le surendettement.

Le Covid-19 sera vaincu tôt ou tard. Que prévoient les organisations de consommateurs après cette crise ? Avez-vous de projets à court et moyen terme ?

Le plus gros projet que nous avons annoncé et qu’attendent les consommateurs c’est la maison des consommateurs à l’image de la maison de la presse et la maison des juristes. C’est une maison que nous ambitionnons bâtir avec le soutien de tous, Etat, opérateurs économiques et consommateurs. En attendant nous axons nos énergies sur la formation, l’information et la sensibilisation des consommateurs. Dans cette dynamique, vous découvrirez dans un avenir très proche la première chaîne de télévision panafricaine des consommateurs. Elle sera accessible à partir de tous les supports, télé, téléphone, ordinateurs etc. Je ne vous en dirai pas plus. Je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour découvrir, la dénomination, la charte graphique et les grandes lignes des programmes qui seront proposés.


Avez-vous un message particulier à l’endroit des consommateurs?

Je tiens à rappeler ici encore une fois à tous les consommateurs que notre pays a fait le choix du libéralisme économique. Les prix des biens et services sur le marché sont donc déterminés par la loi de l’offre et de la demande. Cela veut dire que notre comportement d’achat influence les prix des biens et services qui nous sont proposés. De grâce, arrêtons de transformer nos maisons en supermarché en allant tout acheter au-delà de nos besoins, en grande quantité pour soi-disant constituer des stocks de sécurité. En agissant ainsi nous créons de l’inflation, nous poussons les opérateurs économiques à revoir leurs prix à la hausse pour faire plus de bénéfice sur nous. C’est vrai qu’en cas de crise le gouvernement pour prendre des mesures exceptionnelles pour agir sur les prix des produits de première nécessité mais cela reste limité dans le temps et est encadré par les textes communautaires régissant la concurrence dans nos Etats. C’est dire que malgré leur bonne volonté le Premier ministre et son gouvernement ne pourront pas toujours venir à notre secours. Il nous faut donc changer de comportements et faire confiance à nos autorités qui nous rassurent tous les jours quant à l’approvisionnement régulier de nos marchés. J’insiste sur ce message. La situation est déjà assez difficile pour tous, n’en ajoutons pas à nos propres souffrances.


AKE

Content created and supplied by: Eddy3 (via Opera News )

COC

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires