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Retour de Laurent Gbagbo : qui veut réveiller les vieux démons de 2010-2011 ?

Suite à la crise-postélectorale de 2010, l’ex chef d’Etat Laurent Gbagbo a été capturé à Abidjan dans sa résidence à Cocody, déporté dans le nord du pays avant d’être transféré à la Haye au Pays-Bas. Après près de 10 ans de procès à la Cour pénale internationale (CPI), le fondateur du Front populaire ivoirien a été définitivement acquitté le 30 mars 2021. L’heure est donc à se retour au bercail et les discours qui se font ici et là l’inscrive dans un rôle de faiseur de paix et d’adjuvant pour la réconciliation.

Toutefois, ce que nous lisons sur sa page Facebook Gbagbo Laurent (@LAURENTGBAGBOSEPLOU) sont en total contradiction avec l’homme de paix et de concorde qu’il doit incarner. En effet sur cette page, il a été publié un texte signé Laurent Gbagbo et qui rappelle un pan des évènements de la crise postélectorale. Notamment les échanges téléphoniques avec les autorités américaines de l’époque qui l’invitaient à quitter le pouvoir. Dans cette publication qui est en réalité un passage de son dernier livre publié sous la plume de Mattei, il revient insidieusement sur la question du vainqueur du second tour de l’élection présidentielle de 2010. Toute chose qui laisse craindre une actualisation de ce vieux débat qui loin de contribuer à la paix et à la réconciliation, ne fera que réveiller les vieux démons.

Ci-dessous l’intégralité de la publication

Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste.

Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet ? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ?

Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.

GBAGBO Laurent

Content created and supplied by: Pierre_Ephèse (via Opera News )

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