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''Gbagbo bientôt de retour à Abidjan'', Guillaume Soro se frotte les mains; son cas bientôt réglé

A Abidjan comme ailleurs en Côte d'Ivoire, les absences de Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, tous deux exilés pour des questions judiciaires, se fait lourdement ressentir. Si les choses semblent s'accélérer en ce qui concerne le retour de l'ancien chef d'état, après 9 ans d'exil politico-judiciaire en Europe, le cas de Guillaume Soro demeure encore une énigme. Acquitté définitivement le 31 Mars dernier par la chambre d'appel de la Cour Pénale Internationale (CPI), l'ex président se prépare activement à effectuer son come-back sur la scène politique Ivoirienne, portée par une base militante encore plus galvanisée qu'au moment de son extradition en 2011. 

Ce Mercredi 07 Avril, le chef de l'état, Alassane Ouattara a officiellement fait connaître sa position sur le dossier ''Laurent Gbagbo'', en déclarant, en ouverture du conseil des ministres, son adversaire et ancien allié politique, ''libre de rentrer''. Une annonce visiblement suscitée par la victoire retentissante de son prédécesseur devant la justice internationale, malgré les pressions de la procureure de l'institution, Fatou Bensouda. 

Pour autant, rien n'est encore décidé sur le sort du leader de Générations et Peuples Solidaires (GPS), Guillaume Soro, et ce, malgré le contexte de décrispation politique qui prévaut actuellement. La plupart des partisans de l'ex premier ministre incarcérés, sont maintenus en détention. Guillaume Soro, bien que bardé d'une décision de la cour Africaine de justice, ordonnant la suspension des poursuites contre lui et ses proches, demeure en exil. 

Cependant, aussi rigide que cette situation puisse paraître, la météo pourrait rapidement s'éclaircir pour l'ex numéro 2 du régime Ivoirien. En effet, le retour à Abidjan de Laurent Gbagbo, place son rival de la crise postélectorale de 2010-2011 dans une position absolument délicate. 

Politiquement, mettre en branle la condamnation à 20 ans de prison, qui pèse sur son prédécesseur, serait une erreur fatale pour Alassane Ouattara. Après l'épisode du 31 Mars à la Haye, les regards du monde entier sont braqués sur la Côte d'Ivoire, en attendant de voir ce qu'Alassane Ouattara réélu pour un troisième mandat, dans des conditions difficilement acceptées par la communauté internationale, fera de la recommandation de l'Union Européenne (UE) du 18 Septembre 2020, dans laquelle l'organisation se disait attachée au respect des décisions de justice internationale. 

Bâillonner son opposant après 7 années de détention à la prison de Scheveningen, prolongées de 2 autres années de séjour contraint à Bruxelles, jetterait irrévocablement le discrédit sur le dirigeant Ivoirien. Seulement, si Laurent Gbagbo doit être épargné du fait des circonstances atténuantes qui entourent son retour, Guillaume Soro peut alors se frotter les mains. 

La justice Ivoirienne oserait-t-elle lever le pied sur le cas Gbagbo et jouer de rigueur dans le cas Soro? Cet impératif de réconciliation nationale pourrait-t-il se faire dans une logique de deux poids et deux mesures, sans que le numéro 1 Ivoirien, ait à se mettre à dos les organisations internationales qui ont régulièrement l'ont régulièrement interpellés à instaurer un climat inclusif sur le plan politique, et ce, depuis l'éclatement de la crise électorale du 3ème mandat? Le maintien de Guillaume Soro en exil continue de coincer comme un os dans la gorge du régime en place à Abidjan. 

Pour les partenaires bilatéraux de l'état de Côte d'Ivoire, le processus de réconciliation ne pourra qu'être biaisé tant que l'un des principaux adversaires politiques d'Alassane Ouattara, reste contraint à l'exil, d'autant plus que la Cour Africaine a démontée la crédibilité des verdicts prononcés contre l'ex chef du parlement Ivoirien par la justice de son pays. Si Ouattara recule dans le dossier Gbagbo, cela ne serait que le début d'une série de concessions contraintes qu'il aurait à faire, dans le but de satisfaire la communauté internationale, qui faut-t-il le noter, reste son principal allié. 

Du côté de Paris, on a les yeux très attentifs sur le cas Soro. Le leader de GPS l'a encore fait ressortir dans l'interview qu'il accordait en Janvier au quotidien Générations Nouvelles, informant de ce que le chef de l'état Français avec qui il était entré en froid au lendemain de la présidentielle controversée en Côte d'Ivoire, avait tenu à le rappeler à la faveur du nouvel an. Ce geste d'une haute portée symbolique en politique, démontre s'il en fallait que l'Elysée suit avec beaucoup d'intérêt l'évolution de la situation de l'ex président de l'assemblée nationale, qui demeure un acteur central de la vie politique Ivoirienne. 

Depuis son exil, l'ex député de Ferkéssédougou, peut continuer à égrener son chapelet pour que celui qui a guidé ses premiers pas en politique au début des années 1990, rentre au bercail.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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