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Après la CPI : l'État ivoirien s'est encore lourdement trompé sur le sort de Laurent Gbagbo

La preuve est saisissante. Et frappante à l'oeil nu. La grâce présidentielle que le chef de l'État Alassane Ouattara vient d'accorder à son prédécesseur Laurent Gbagbo, à la veille des festivités marquant le 62e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, est une mesure "à deux balles" comme on le dit prosaïquement dans l'argot ivoirien. Pire, elle est cousue de fil blanc sur du noir. Ce qui met en lumière, bien évidemment, le caractère inique, grossier et grotesque de cette mesure.

Et point n'est besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour se rendre à l'évidence que cette manoeuvre politicienne conçue dans la précipitation vise plutôt à écarter, avec des artifices juridiques, un redoutable adversaire politique : Laurent Gbagbo. Un éléphant de la scène politique ivoirienne.

Alors que le PPA-CI dont il est le premier responsable vient d'obtenir son récépissé de fonctionnement légal sous le numéro : 1315/ MIS/DGAT/DAG/SDVA ce, après une longue période d'enquête de moralité menée auprès des membres fondateurs de ce nouveau parti, on ne peut que tomber à la renverse à l'annonce de cette histoire rocambolesque de grâce présidentielle accordée au président Laurent Gbagbo.

Alors question : qu'est-ce qui n'a pas marché pour qu'on en arrive à ce revirement spectaculaire ? Comment l'ancien chef d'État qui est supposé avoir été condamné à 20 ans de prison ferme dans la scabreuse affaire de braquage de la Bceao a-t-il pu obtenir des services de l'État de Côte d'Ivoire, un casier judiciaire aussi propre comme une colombe ? Or, on le sait, pour diriger un parti politique en Côte d'Ivoire, la principale condition, du moins, la plus importante, c'est de n'avoir jamais été condamné par la justice.

Dès lors qu'il préside aux destinées du PPA-CI avec en prime un récépissé a lui délivré en bonne et due forme par les autorités ivoiriennes, cela signifie clairement que Laurent Gbagbo est en conformité avec les dispositions légales en vigueur relativement à la création d'un parti politique en Côte d'Ivoire. D'où vient alors que le chef de l'État Alassane Ouattara veuille accorder la grâce présidentielle à quelqu'un qui dispose déjà de ses droits civils et civiques et dont le parti, le PPA-CI participe activement à la prise de certaines décisions au sommet de l'État? Là se trouve la question. Et toute la question.

Content created and supplied by: Pierre_Lemauvais (via Opera News )

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