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Chute de Kaboré : "Le fétiche du procès de Sankara était la ruche à ne pas toucher" (Journaliste)

Depuis ce Lundi 24 Janvier 2022, le Burkina Faso a un nouveau dirigeant. Il s’agit du Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, chef de file du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR) dont le porte-parole, le capitaine Sidsoré Ouédraogo, annonçait sur les antennes de la télévision nationale, la fin du régime de Rock Marc Kaboré.

 

Réélu le 22 Novembre pour un second mandat, le successeur et ancien premier ministre de Blaise Compaoré, s’attendait-t-il à ce que le renouvellement de son bail à Kosyam, ne dure que deux mois ? Certainement pas…pourtant, les ingrédients pour accélérer sa chute, il les mettait progressivement en place, nonobstant le contexte sécuritaire déjà fortement tendue avec la montée en puissance de l’agression terroriste.

 

Le diagnostic qu’en fait François-Dominique Delafosse, patron de l’Agence de Presse Régionale (APR) révèle avec pertinence les failles qui rendaient le renversement du pouvoir du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) inéluctable. ‘’Après une transition tumultueuse’’, notait-t-il dans une analyse qu’il nous partageait ce Lundi, ‘’le régime Kaboré n’a pas choisi la voie de l’apaisement en se réconfortant et se concentrant sur des règlements de compte’’.

 

‘’Le fétiche du procès de l’assassinat de Thomas Sankara était la ruche à ne pas toucher. Les protagonistes sont encore vivants et au sein de l’appareil. Le réveiller après 28 ans déclenche une trahison pour lui-même qui était au cœur du régime Compaoré’’, soutient le confrère pour qui ‘’la politique du gouvernement Kaboré s’est figée dans l’immaturité’’. Par ailleurs, lance-t-il à l’endroit de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ‘’c’est une sonnette d’alarme également pour hâter la refondation de la CEDEAO qui démontre encore une fois, son inefficacité, voire sa non-nécessité !’’.

 

Les priorités pour la junte au pouvoir sont d’emblée clairement définies : Rendre concret le processus de réconciliation nationale en facilitant le retour des exilés et la fin des procès ciblés et repousser la menace djihadiste. Sans l’aboutissement de ces deux chantiers, le retour à l’ordre constitutionnel serait une thérapie vouée à l’échec.

Raoul Mobio

 

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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