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Macron à N’djamena : quand Paris ferme encore les yeux sur la violation de la Constitution

Tandis que les appels au retour à l’ordre constitutionnel de l’ordre des avocats, de l’opposition politique et de la société civile se font de plus en plus retentissants au Tchad, la France semble indirectement légitimer la junte militaire qui succède à Idriss Deby à travers la présence de son Président Emmanuel Macron. Sinon, quelle est la symbolique de la présence d’Emmanuel Macron à N’djamena par-dessus les obsèques d’Idriss Deby ?

Les partisans de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, enlevé en 2008 par des hommes suite à l’échec d’une attaque rebelle à N’djamena, dont le corps n’a jamais été retrouvé ainsi que les citoyens tchadiens épris de démocratie, après trente années d’un pouvoir hautement autoritaire, étaient en droit d’espérer que la France appelle simplement au retour de l’ordre constitutionnel. Que nenni.

Paris semble ouvrir les bras au fils après avoir porté le père, légitimant ainsi cette énième violation de la Constitution sur le continent noir. Faut-il y voir un autre cas de force majeur ou un chef d’Etat par devoir de succession à son père ? La démocratie en Afrique, selon la France, est-elle à géométrie variable, à la tête du client ou faut-il y voir la réal-politik ?

Ce n’est un secret pour personne, la Constitution tchadienne prévoit la vacance du pouvoir d’Etat. Le président de l’Assemblée nationale succède au président de la République en cas de disparition de ce dernier. Le chef du Parlement ayant désisté, la Constitution prévoit que le vice-président du Parlement occupe la fonction. L’idée est bottée en touche pour mettre en place un schéma de coup d’Etat à la Kabila.

 « C’est l’Afrique qui est défigurée chaque jour », comme le disait l’ex-ministre Kabran Appiah au cours d’un entretien mercredi 21 avril 2021.

La position de la France fera école sur le continent. Paris semble accepter cette forme déguisée des coups d’Etat ponctuée par les candidatures ou successions par devoir ou des cas de force majeure qui prennent la primauté sur la Constitution.

 

Cyrille NAHIN

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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