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Décodons le nom du futur parti de Gbagbo (PPA-CI)

C’était quasi inévitable, tant toute la presse était aux aguets. Le projet de nom du nouveau parti de Laurent Gbagbo a fuité sur les réseaux sociaux.

À en croire une dizaine d’organes très sérieux qui ont eu accès la confidence, le nouveau venu dans la sphère politique ivoirienne devrait s’appeler, sauf cataclysme, « PPA-CI » (Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire). Si ce nom n'est pas à première vue, très glamour, il toutefois est rempli de significations, dont trois se dégagent déjà, à notre humble analyse.

1-Panafricanisme réaffirmé

Vaincu au plan local par l’épilogue sanglant de la crise postélectorale de 2010, c’est à la Haye que Laurent Gbagbo a su transformer son humiliation en triomphe, en sortant médiatiquement et historiquement grandi de ce qui a failli être son tombeau politique.

L’affaire Laurent Gbagbo et sa médiatisation, auront permis de remettre à la face du monde les aspérités des relations entre la France et ses ex-colonies, et de susciter une prise de conscience continentale au sujet de l’indépendance et de la souveraineté des jeunes états africains.

En créant un parti « africain » et non pas uniquement « ivoirien », Gbagbo et ses compagnons veulent montrer que les priorités de ce nouvel instrument, seront des questions essentielles et communes à tous les états africains, savoir la souveraineté, la poursuite de l’idéal démocratique et la recherche du développement équitable.

2-Souveraineté aux peuples

Un vent de révolte souffle sur l’Afrique. La jeunesse africaine remet de plus en plus en cause ses dirigeants, car leur mode d’acquisition et de conservation du pouvoir sont très souvent controversés.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si lors du dernier sommet Afrique-France, Emmanuel Macron a préféré entendre la voix du continent auprès de la société civile au détriment de méga-présidents dont la légitimité est toujours mise en doute dans leur propre pays.

Mieux, le peuple au centre de la politique, c’est l’argument de base de tout mouvement de gauche. En mentionnant expressément le terme « peuple » dans son nom de parti, Gbagbo veut ouvrir les bras à toutes ces masses déçues des élites, montrer que ce parti est « leur » parti, celui qui incarnera leurs aspirations.

3-Côte d’Ivoire, comme un berceau

Les artisans du nouveau parti de Gbagbo savent bien que rien ne les obligeait à ajouter la mention « Côte d’Ivoire » au nom de leur parti, « PPA » étant nettement plus simple à prononcer, et son ancrage ivoirien étant évident. Cependant, à y voir de plus près, ce choix (PPA-CI) n’est pas fortuit.

En effet, il se pourrait que notre "Opah" national, hardi de sa popularité décuplée par l'acquittement, veuille inspirer la mise en route d’autres mouvements souverainistes à travers les autres pays du continent. En un mot, il veut que ce combat soit porté dans toute l’Afrique, par d'autres peuples, d'autres générations.

Si le congrès venait à valider l’appellation PPA-CI, personne ne sera donc surpris d’assister à la naissance d’autres "PPA" dans les différents pays africains où les admirateurs de Gbagbo ne se comptent plus.

En attendant le rendez-vous avec l'histoire...

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Content created and supplied by: Coulix_Opinions (via Opera News )

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