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Un Gouvernement d’union nationale peut-il sauver la Côte d’Ivoire ?

Ce n’était qu’une question de temps. Et le premier Conseil des ministres de l’après Hamed Bakayoko en a été la parfaite occasion. Ce mercredi 24 mars 2021, le Président ivoirien a mis fin aux fonctions des membres du Gouvernement et annoncé la nomination d’un nouveau Premier ministre qui sera chargé de constituer la nouvelle équipe gouvernementale dans les prochains jours.

A Abidjan, l’information d’un remaniement ministériel imminent courrait depuis quelques jours. La presse nationale en avait fait son chou gras en début d’année, mettant en avant la possibilité d’un gouvernement d’ouverture qui verrait l’entrée de certains cadres de l’opposition. Du genre, un Gouvernement d’union nationale. Mais pour quoi faire ?

Le Gouvernement d’union ou d’unité nationale est une forme d’Exécutif couramment admis dans les pays en crise, lorsque la situation politique semble bloquée. Pour désamorcer l’atmosphère, les institutions internationales et partenaires au développement recommandent un partage du pouvoir entre les différents protagonistes. Il a pour avantage de faciliter le dialogue ou de taire momentanément les bruits des canons dans les cas les plus extrêmes. Le hic ici, est que les ministres nommés viennent au Gouvernement avec des agendas cachés de leurs partis respectifs. Ils n’y vont pas pour le bien commun, mais plutôt, pour assouvir des projets édictés depuis leur chapelle politique.     

La Côte d’Ivoire en a payé les frais entre 2003 et 2010. Des accords de Marcoussis aux élections présidentielles de 2010, le pays a vécu sous le joug des gouvernements d’union. Le premier formé en 2003 sous la responsabilité direct de sieur Seydou Elimane Diarra, avait consacré l’entrée des leaders de la rebellions dans le gouvernement. Au départ de Laurent Gbagbo de la Présidence en 2011, la Côte d’Ivoire enregistrait six (6) gouvernements d’unité nationale. Pour quel résultat ?

Le résultat de cette gouvernance d’ouverture a été médiocre. L’élection présidentielle d’octobre 2010, fruit du consensus entre les différents partis politiques, s’est soldée par une crise post-électorale. Elle a occasionné plus de 3000 morts et plusieurs centaines de milliers de déplacés. Après l’arrestation de Laurent Gbagbo, les nouveaux hommes forts d’Abidjan indiquèrent avoir les mains liées sous son régime. Et les deux camps continuèrent à se jeter la responsabilité de la mauvaise gestion du pays sous cette période.  

Faire une ouverture du gouvernement à l’opposition ne participera pas à apaiser l’atmosphère politique délétère en Côte d’Ivoire. Elle n’aboutira pas sur le miracle de la paix tant attendu. Mais servira surtout de nouvelle source de financement des acteurs politiques. 

Martin_K

Content created and supplied by: Martin_K. (via Opera News )

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