Sign in
Download Opera News App

 

 

Reprise de la guerre froide en Afrique : L'audace de la Russie qui piétine la France et l'Occident

Décembre 2020. À quelques encablures des élections générales prévues pour le 21 de ce mois, des forces Russes débarquent en territoire Centrafricain. Leur objectif immédiat est clairement défini : sécuriser le processus électoral que menacent la rébellion de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), proches de l’ancien chef d’état, François Bozize.

C’est l'acte I de l’engagement militaire Russe, exécuté dans le cadre d’un accord de coopération bilatérale entre Moscou et Bangui. Mais, au-delà, le top départ d’une guerre d’une longue guerre de repositionnement de l'ogre Russe sur le continent Africain. Plus de 30 ans après la fin de la guerre froide, qui en Afrique comme dans le reste du monde, s’est soldée par l'effondrement des régimes communistes sous la coupole du défunt empire Soviétique, les dirigeants du Kremlin ont flairé le coup.

Poutine s'en est rendu compte. L’Occident s’est souillé dans l’opinion publique Africaine. De Washington à Paris, en passant par Londres, ces dernières années, on a multiplié les erreurs d’appréciation, parfois de façon grossière en tentant de perpétuer la logique interventionniste dans les crises politico-militaires en Afrique.


La Côte d’ivoire, le Togo, le Gabon, la Libye, le Congo-Brazzaville, le Mali, et plus récemment le Tchad… Dans tous ces pays, le dirigisme Occidental s'est planté. Pour déloger les éternels rivaux, il faut commencer par la sphère géostratégique la plus vulnérable. Celle de la France. C’est là que réside visiblement toute la stratégie du Kremlin. Toutes les ex colonies Françaises en Afrique, à quelques exceptions près, sont devenues des poudrières potentielles et des bourbiers en latence pour l’Élysée.


En Centrafrique, ce sont les tâtonnements de la France, militairement démissionnaire de ce théâtre d’opération depuis 2016, et ce après l’échec controversé de l’opération Sangaris, qui ont favorisé le rapprochement entre le régime de Faustin Archange Touadera et Moscou.

L’accord de défense signé entre les deux pays est le fruit d’une vision opportuniste de la politique de repositionnement de la Russie sur l’échiquier géostratégique Africain où Moscou veut constituer une alternative plus concrète face aux déboires de la politique Française, voire Occidentale.


Ce modèle de coopération basé sur du concret, la Russie tentera irréversiblement de l'exporter au-delà de la Centrafrique, en employant le même schéma que celui déployé dans l’ancien empire de Bokassa.

Chaque crise, chaque conflit, même en gestation sera désormais une aubaine pour Moscou qui au grand dam de l’Occident, a relancé la guerre froide en Afrique, dans un contexte où elle part inéluctablement favorite face à des pays Occidentaux en déroute dans les opinions publiques. 

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

afrique bangui kremlin moscou russie

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires