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Côte d'Ivoire / Retour Laurent Gbagbo : Pourquoi vouloir interdire le traditionnel "AKWABA" ?


Si tout devrait être interdit comme triomphe pour son retour au pays, quelle signification donne-t-on à la traditionnelle expression qui caractérise les ivoiriens : « l’AKWABA » ? On ne fait pas trop attention à la pose d’une stèle qui marque l’accolade au grand carrefour de Port-Bouët, quand on sort de l’aéroport. Il y a une statue qui montre deux personnes qui s’entrelacent, ça démontre que les ivoiriens sont hospitaliers et solidaires.

Comme l’expression : « YAKO » pour compatir à des douleurs, l’AKWABA symbolise l’amour. Il faut donner tout le sens de la tradition, même quand ça n’arrange pas.

En pays akan, quand quelqu’un sort de prison, on le porte en triomphe, le corps badigeonné de kaolin pour répugner le mauvais sort. Les agni d’Arrah, l’ont fait pour Affi N’guessan quand il était sorti de prison. Souvent dans le cas du président Gbagbo, les femmes devraient danser, elles-mêmes aussi, vêtues de blanc, avec des slogans de victoire pour le prisonnier, la poudre du kaolin dans l’air pour le purifier, congédier et expulser les diables.

Qui n’a jamais prononcé l’expression AKWABA pour souhaiter et manifester sa joie de revoir et de voir un parent, un ami et une personne qu’on découvre pour la première fois ? Alors pourquoi se mettre dans des situations de guerre pour quelqu’un qui sort de prison et de quelle prison, la plus haute des juridictions internationales. Logiquement, le président de la république devrait se mettre dans la joie, puisque ceux qui arrivent, vont participer à la cohésion et à l’apaisement.

Les ivoiriens sont cordiaux et aimables. Ils le démontrent par des symboles et celui qui est posé au carrefour de Port-Bouët, ne devrait pas contraindre les ivoiriens à regarder ailleurs. Les ivoiriens s’aiment et il ne faudrait pas qu’on fasse entorse à cette tradition, même si cela n’arrange pas, il faut s’y faire. L’AKWABA est tellement marqué par la jovialité, l’humanisme et de la joie, il ne faut pas qu’on s’en éloigne parce que son application n’est pas à sa faveur.

La convivialité des ivoiriens, il ne faut pas jouer avec pour travestir l’ordre de l’hospitalité légendaire qui marque l’ivoirien. Tout est dans ce symbole. C’est à cause de la Covid-19, sinon les embrassades allaient suivre l’expression quand on va accueillir quelqu’un qui s’est absenté et qui revient au village comme c’est le cas du président Gbagbo.

M. Bictogo connaît le sens chaleureux de l’AKWABA. Dans la tradition ivoirienne, même si on a des démêlées avec quelqu’un, et que ce dernier a effectué un voyage et qu’il revient, on lui dit AKWABA et la réconciliation se fait de facto. M. Bictogo est vrai sachant de ces valeurs.

C’est le lieu d’inviter les uns et les autres à l’apaisement. Le ministre Bictogo sait que la tradition ivoirienne tient beaucoup compte des symboles et des valeurs. Il doit tenir compte de la tradition s’il veut demain assumer des hautes responsabilités car, ce sont sur ces petits gestes que le peuple juge et porte son choix.

Il faut que tous ensemble, les ivoiriens se mettent dans la prière pour un retour de tous les fils et filles de la Côte d’Ivoire pour que tout se passe bien. Si tout va bien, qui sont ceux qui sont au pouvoir ? C’est bien le RHDP qui va s’attribuer les honneurs.

Ivoiriens de tous les bords, ne ratez pas ce virage important qui doit apporter la paix et la réconciliation à tous !

                                                           Joël ETTIEN

Content created and supplied by: BusinessActuality (via Opera News )

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