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Mort d'Idriss Déby: 7 leçons que tous les autocrates d'Afrique doivent retenir

Idriss Débi ex-Président du Tchad


Les leçons à retenir de la mort brutale d'Idriss Déby sont nombreuses et tous les autocrates d'Afrique devraient les retenir. Nous en relèverons ici sept:les mandats interminables se terminent brutalement. L'autocratie à outrance ne prospère pas éternellement. Le refus de négocier est une attitude suicidaire. La fidélité des hommes en kakis n'est pas éternellement garantie. Le danger peut venir même de sa propre maison. Qui règne par le glaive périt par le glaive. Alors autant donner la chance à la démocratie.

Ces leçons sont tirées à partir du long règne de Déby, un règne autocratique, sans partage mais aussi des circonstances de sa mort, 7de la mise en place d'une transition militaire présidée par son fils au lieu d'appliquer la constitution qui dit qu'en cas de décès du President de la République, c'est le président du parlement qui assure l'intérim. Ces leçons sont aussi inspirées par des analyses de savants.

Deby était au pouvoir depuis 1990 suite à un coup d'Etat. Il venait de se faire élire pour un 6ème mandat avec un score à la soviétique. L'armée qui a annoncé la mort du Président dit que ce dernier a donné son dernier souffle suite à une blessure au front dans le nord du pays où une rébellion avait pris forme depuis quelques jours. Elle a aussitôt mis en place un Conseil militaire de transition formé de 15 généraux dirigé par le fils du défunt. 

Des analystes donnent d'autres causes à cette disparition brutale. Interrogé par un journal tchadien Dr Evariste Ngarlem Toldé, doyen de la faculté des sciences juridiques et économiques de l'université de Ndjamena, estime qu'il il s'agit d'un « coup d'Etat ».

"Le Conseil militaire de transition n'est pas prévu par les textes donc c'est un régime anti-constitutionnel. Notre loi fondamentale prévoit qu'en cas de vacance du pouvoir, c'est le président de l'assemblée nationale qui doit assurer l'intérim jusqu'aux nouvelles élections. Donc ce conseil militaire de transition n'a pas sa place. Pour moi, c'est un coup d'Etat », dit-il.

"Bien évidemment que l'on ne peut pas se réjouir de la mort d'un chef d'État de la trempe d'Idriss Déby, mais il est clair et net que la règle qui indique que celui qui règne par l'épée périra par l'épée s'applique à Idriss Déby", a réagi l'ancien ministre malien Mamadou Ismaïla Konaté. Il révèle que Déby avait affirmé que c'est sur son cadavre que passerait celui qui voudra le renverser. Beaucoup d'observateurs estiment que c'est ce qui vient d'arriver mais de l'intérieur contrairement à ce qu'avancent les militaires. "Les militaires ne voulaient pas se battre contre leurs frères rebelles, donc [Idriss Déby] est parti avec eux pour les mobiliser. Je crois que c'était un règlement de compte à l’intérieur", affirme l'opposant en exil Faustin Balaam interrogé par le même confrère tchadien. Il ajoute que Déby refusait de négocier avec son opposition. "Il ne voulait jamais négocier. Il voulait instaurer une monarchie". Et comme c'est son fils le chef de fil du Conseil militaire de transition, c'est un autre message qui n'exclut pas que le fils a quelque chose à avoir avec cette mort brutale.

Dan Opéli

Content created and supplied by: Dan_Opeli (via Opera News )

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