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Assassinat de Sankara : la France et la CI impliquées selon l’ordonnance du juge d'instruction

Thomas Sankara, ancien chef d'Etat du Burkina Faso assassiné le 15 octobre 1987


Ouvert lundi 11 octobre 2021 au tribunal militaire de Ouagadougou, le procès de Blaise Compaoré et 13 co-accusés dans l’affaire de l’assassinat de Thomas Sankara a été renvoyé au 25 octobre à la demande de la défense qui veut du temps pour mieux prendre connaissance du dossier. En prélude à ce procès, le journal d’investigation Burkinabé Courrier confidentiel a édité, le 5 octobre 2021, un numéro spécial consacré à l’affaire. Il publie essentiellement de larges extraits des auditions de militaires et civils ayant fuité de l’ordonnance du juge d’instruction François Yaméogo.

Parmi ces auditions, celle de Pitroïpa Amado cite la France et la Côte d’Ivoire. « Après coup, selon, les informations, il y aurait eu une planification de concert avec des pays comme la France et la Côte d’Ivoire…Pour la France, j’avais discuté avec Valère Somé qui m’a dit que Mitterrand avait essayé d’alerter Thomas Sankara. Pour lui, ce n’était pas la France de Mitterrand mais l’aile de la droite française chiraquienne, les Foccard », dit le témoin Pitroïpa Amado.  Quant à Victor Zongo , militaire, il rapporte à la page 2 de l’ordonnance d’instruction que le lendemain du coup, Palm Jean-Pierre, un haut gradé proche de Blaise Compaoré à l’époque des faits, était venu avec deux français dont l’un avait dit de faire arrêter Doumba Kouliga Boukary, alors chef de service de la technique opérationnelle car il était dangereux. Le concerné confirme lors de son audition par le juge d’instruction. Il dit que sur recommandation des français, il avait été arrêté aux lendemains des faits et gardé à la salle C du Conseil de l’Entente sur conseil de Djibril Bassolé, bras droit de Blaise Compaoré.

Dans un article intitulé ‘’Assassinat de Thomas Sankara, enfin un procès’’, Jeune Afrique.com évoquait le 18 mars 2021 « des implications internationales dans l’assassinat de Sankara ». Le journal écrivait que le juge d’instruction François Yaméogo  avait disjoint le volet local et le volet international de son enquête. S’il  avait clos le volet national, ce n’était pas encore le cas pour le volet international. ‘’Le magistrat dont le travail et la rigueur sont salués par de nombreux acteurs proches du dossier, déplorait le manque de coopération des autorités françaises », révélait Jeune Afrique. Pourtant en 2017, à Ouagadougou, Emmanuel Macron avait déclaré que les documents français relatifs à l’Assassinat de Thomas Sankara seraient « déclassifiés » et remis à la justice burkinabé laquelle en avait fait la demande depuis 2016.

Jeune Afrique citait déjà le journal d’investigation Courrier confidentiel concernant des témoignages qui avaient probablement fuité du dossier judiciaire et disant que, le 16 octobre 1987, soit au lendemain de l’assassinat du leader de la révolution burkinabè, on avait aperçu des français à Ouagadougo en compagnie des auteurs du putsh pour détruire des archives d’écoutes téléphoniques en rapport avec l’évènement tragique. « Ces témoignages sont très importants car c’est la première fois qu’on a une preuve de l’implication de français dans le complot et plus précisément de leur connivence avec les organisateurs du complot », disait Bruno Jaffré, biograpphe de Thomas Sankara cité par Jeune Afrique.

Dan Opéli

Content created and supplied by: Dan_Opeli (via Opera News )

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