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‘'Enseignants analphabètes'’, une opinion prise entre l’étau de la raison et de l'émotion

         Le député maire de la commune de Tiassalé, Assalé Tiémoko, dans une tribune en date du 09 juillet 2021, se prononçait sur l’école ivoirienne. Et l’une de ses réflexions fait couler actuellement beaucoup d’encre et de salives. Le patron de presse a notamment dit qu’il : ‘’ faut auditer le niveau des enseignants qui ont été recrutés pour l’enseignement primaire, de 2000 à 2020. Plusieurs milliers n’ont pas le niveau ou ont de faux diplômes. Ils représentent l’un des plus grands dangers pour notre école…parmi les 10 mille enseignants recrutés de façon exceptionnelle se trouvent des milliers d’analphabètes…’’.

       Certains enseignants ont été piqués au vif et dans la foulée, j’ai eu l’occasion de lire une contribution d’un enseignant qui, à travers une belle plume d’ailleurs, a défié l’élu de la nation à la télévision pour un concours de lecture et d’écriture. Si le débat vire ainsi dans l’émotion (ce que je crois et que certains enseignants se sentent souvent écorchés), ce n’est pas tant parce que ce qu’on reproche à plusieurs parmi eux est faux mais on a l’impression que le pays va mal parce que l’école va mal.

      A la vérité, il y a ce qui est facile d’identifier et ce qui reste couvert dans l’antichambre de nos administrations, et là, nous parlons pour tous les secteurs d’activités. Il y a dans ce pays, des cadres ivoiriens bardés de diplômes acquis en dehors de la Côte d’Ivoire, dans des universités occidentales et qui auraient dû, à priori être des exemples en termes d’honnêteté et de probité mais nous savons bien ce que leurs gestions ont produit comme catastrophes. Il y a des députés qui tutoient la cinquantaine en termes d’âge et qui logiquement, sont les produits d’une école ancienne, très loin des enseignants supposés médiocres des années 2000. Nous voyons aussi leurs ‘’exploits’’ à lire les textes à l’hémicycle. On pourrait ainsi multiplier les exemples qu’on n’en finirait pas parce que tous les secteurs d’activités seraient touchés.

     Si nous voulons sauver nos pays de la médiocrité, il y a certes des efforts à faire pour relever le niveau des enseignants (ce qui n’est pas un faux débat mais bien une réalité) mais qu’on aille jusqu’au bout de l’assainissement à tous les niveaux. De toutes les crises socio-politiques que nous avons connues, ce sont bien des diplômés des meilleures écoles européennes qui les attisent ou les ont attisées. Ceci étant, selon un dicton africain, quand on parle au chien, il faut aussi parler à l’os. L’homme qui écrit ces lignes est un enseignant bien habitué à certaines insuffisances chroniques dont des collègues font preuve.

       C’est une triste vérité et le dire n’est pas jeter l’opprobre sur un corps. Il appartient à chaque enseignant, après sa formation (qui ne suffit pas toujours), de continuer avec l’autoformation pour être plus compétitif. Aujourd’hui, avec l’outil internet, je ne cesserai jamais de remercier les créateurs de toutes ces applications qui me permettent ainsi qu’à beaucoup d’autres enseignants, d’être un citoyen du monde. En fin de compte, les propos du député Assalé Tiémoko peuvent frustrer car ce n’est pas le seul corps où l’on trouve des tarés mais avec du recul et des analyses sans émotion, on peut débusquer, de façon collective, les vrais périls qui menacent singulièrement la Côte d’Ivoire et de façon générale nos pays africains.   

           Frederic GNEZE

     

 

 

Content created and supplied by: FredericGneze (via Opera News )

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