Sign in
Download Opera News App

 

 

Michel Gbagbo et son avocate ont-ils choisi Soro comme bouc émissaire? Des questions qui intriguent

Près d’une semaine après la convocation par la juge Française, Sabine Kheris, de l’ancien premier ministre Ivoirien, Guillaume Soro, dans le cadre de la plainte pour maltraitance introduite contre lui par Michel Gbagbo, certains éléments intriguent quant aux motivations de la cible de cette plainte.

 

Michel Gbagbo poursuit en justice celui qui à l’époque des faits, au lendemain de l’arrestation de son père déchu du pouvoir, Laurent Gbagbo, occupait la double fonction de premier ministre et de ministre de la défense. En tant que tel, et après la création des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) par le président reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, il était placé directement sous l’autorité de ce dernier, qui tenait alors les fonctions de chef suprême des armées.

 

La rébellion des Forces Nouvelles (FN) dissoute au sein des FRCI, Guillaume Soro lui-même s’étant mis à la disposition du chef de l’état, il n’était alors plus le responsable direct des militaires sur le théâtre des opérations. Or, Michel Gbagbo évoque sa période de détention à la prison de Bouna en même temps que d’autres cadres du régime déchu de la refondation, dont l’ancien premier ministre, Pascal Affi Nguessan.

 

Celui qui avait à charge la gestion des détenus de Bouna, c’est le Commandant Morou Ouattara, soldat des FRCI, l’armée unitaire créée par le président Alassane Ouattara. Comment les agissements de ce dernier peuvent être imputés à son ministre de la défense et premier ministre, qui lui également n’est autre qu’un exécutant ? Même s’il s’avérait que des sévices avaient été infligés à Michel Gbagbo, sur la base de quel élément en accuse-t-on le ministre de la défense ? Serait-ce Guillaume Soro qui a expressément donné l’ordre de torturer l’actuel député de Yopougon ? Ou Guillaume Soro est-t-il attaqué en tant que supérieur hiérarchique ultime de Morou Ouattara ?

 

Dans la première hypothèse, l’objet de la plainte devrait alors être reformulé pour prouver que l’ancien chef de gouvernement a délibérément instruit de torturer Michel Gbagbo. Mais, dans la seconde, les plaignants se trompent vraisemblablement de cible. Alain Dogou, ministre de la défense du Gouvernement Aké Ngbo ou le professeur Aké Ngbo lui-même, sont-t-ils poursuivis pour des bavures imputées aux Forces pro-Gbagbo durant le conflit postélectoral ? Jusqu’à présent, le seul à avoir répondu de ces faits devant la justice internationale, c’est Laurent Gbagbo lui-même, en tant que premier responsable de son armée.

 

Là encore, il fut acquitté en l’absence de preuves démontrant qu’il est l’instigateur direct des atrocités dont sont accusées ses troupes. A moins qu’on ait trouvé en Guillaume Soro, le parfait bouc émissaire, cette plainte suscite de grosses interrogations.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

alassane ouattara guillaume soro laurent gbagbo michel gbagbo

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires