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Transition au Tchad : la surprenante décision du président de l'Assemblée nationale !

Tout juste après la mort du président Idriss Déby, la transmission du pouvoir a subi bien de rebondissements !

En fin de semaine dernière, la dépouille de l'ancien Président Tchadien, l'illustre Idriss Deby, avait refusé du monde. Parmi les illustres invités, se comptaient le président français Emmanuel Macron , les membres de l'Union Africaine, et du G5 Sahel. En marge des messages de compassion et de paix exprimés, la question de la transition du pouvoir animait les débats.

Le célèbre journaliste de RFI , Alain Foka tenait dans la capitale, ce dimanche 25 avril le plateau de l'émission "débats africains". Autour de la question de l'avenir politique du Tchad, étaient invités des personnalités issues de la majorité présidentielle , de l'opposition, et aussi de la société civile.

Abordant justement la question de la transition dont certains observateurs taxent d'anticonstitutionnelle, Mahamat Zen Bada Abbas un proche du pouvoir a sans le vouloir révélé une situation inédite.

En effet, selon ses propos, l'armée aurait pris directement contact avec le président de l'Assemblée nationale, et lui aurait signifié que ce serait à lui que revenait le rôle de Président après avoir constaté le décès d'Idriss Deby. Mais, comme personne ne pouvait vraiment s'attendre, celui-ci a tout simplement décliné la proposition. Sachant que cette option est la plus légitime, puisque dûment recommandée par la constitution tchadienne la décision du président de l'Assemblée nationale reste surprenante. Toutes aussi surprenantes vont être les raisons invoquées par Haroun Kabaki, pour refuser d'être chef d'État. Il aurait ,selon Ben Bada Abbas une maladie et mettrait en avance,une situation confuse face aux militaires.

Ainsi donc, le pouvoir va rester aux mains des militaires devant le refus du président de l'Assemblée nationale. Ces événements vont déboucher sur la création du CMT actuellement aux affaires, gérant la continuité de l'État. Pour rappel, seul les partis politiques du pays n'ont pas été inquiétés, les autres institutions sont pour le moment suspendues.

Pour ce qui nous concerne, le refus à tort ou à raison du président de l'Assemblée nationale passerait comme un acte de non respect de la constitution. Car, étant déjà à la tête d'une institution comme l'assemblée nationale, la charge du pouvoir lui était en quelques sortes familière. Autrement dit, l'assemblée nationale fait partie des contre pouvoirs de l'exécutif qui en tant que telle doit être capable de jouer pleinement le rôle en cas d'absence ou de vacance du pouvoir. Pourquoi le refus du pouvoir par son président ?

La situation pourtant a dégénéré en manifestations diverses faisant état de pertes en vie et en matériels ce mardi matin 27 avril. Certains manifestants ont présenté des pancartes fustigeant systématiquement et avec véhémence le rôle pas très clair, selon eux, de la France. Sans le vouloir peut-être, après la mort de chef de l'exécutif tchadien, le refus du président de l'Assemblée nationale de prendre le pouvoir a dû forcer la main aux militaires pour conduire les affaires jusque-là. Pour le moment, cette même institution a communiqué clairement sa position quant à la mise du CMT, qu'elle dit soutenir.

Voilà, qui mettra certainement dans l'inconfort ceux et celles qui avaient du mal à comprendre la prise de pouvoir du CMT dirigé par le fils du défunt président. Car, l'institution qui constitue l'autre entité habileté à diriger la prise du pouvoir en cas de décès du président, est celle là qui a décliné l'offre qui lui revenait de droit.

Pourquoi en vouloir au CMT?

Par ailleurs, quand l'on prend l'habitude de dire haut et fort, que l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais d'institutions fortes, il faudrait désormais savoir que des institutions fortes ne peuvent être tenues que par des hommes forts, courageux et résolus à faire respecter les lois. La situation du Tchad vient peut-être montrer que d'une part , certains présidents d'institutions n'arrivent pas à assumer leur rôle véritable. Certains ne semblent pas mesurer l'enjeu que leur nomination représente. Encore une fois, l'entourage de certains chefs d'État africains souvent taxés et considérés d'hommes forts, constituerait un véritable frein quant aux enjeux de bonne gouvernance, de dialogue, de transparence et surtout d'ouverture dans les affaires d'État.

Content created and supplied by: Kadhondelatte (via Opera News )

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