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Laurent Gbagbo : un retour annoncé et des interrogations

Pourquoi le camp Ouattara est si gêné ?

Un dignitaire du Rhdp dans le comité d'accueil



Le docteur Assoa Adou, secrétaire général du Fpi Gor a annoncé ce mercredi au cours d'un rassemblement à Abidjan, le retour au pays natal de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté après un long procès à La Haye. L'actuel exilé au pays du roi Philippe, si l'on en croit son secrétaire général Assoa Adou, devrait fouler le sol ivoirien à la mi-mars. Une information qui a fait sauter de joie les partisans qui ont effectué le déplacement de l'hôtel Palm Club, ce mercredi 24 février. Si Assoa Adou s'est voulu moins précis, une source proche nous soufflera quant à elle la date du 18 mars 2021.

A l'appui de cette annonce, un comité d'accueil a été constitué avec à sa tête l'ancien ministre du gouvernement Aké N'Gbo, M'bougoua Aby Blaise précédemment exilé au Ghana. Dans ce comité se trouvent de hauts cadres retraités comme en activité, des compagnons de lutte, des amis du président Gbagbo et un dignitaire du Rhdp, Joachim Djédjé Bagnon, président du conseil régional du Goh. Ce septuagénaire est aussi un ancien rival de Laurent Gbagbo. Djédjé Bagnon avait disputé l'unique siège de l'assemblée nationale avec son frère Gbagbo pour le compte du Pdci en 1990. A présent il fait office de doyen des cadres de Gagnoa et se fait appeler chef de province, un titre honorifique qui lui confère une position privilégiée dans les rapports socioculturels au niveau de la région du Goh.

Un uniforme et des gadgets pour l'accueil qui se veut triomphal ont été présentés par Marie Odette Lorougnon. l'uniforme est imprimé dans trois couleurs de fond différentes (Bleu, rose et orange), selon qu'on est militant Fpi, Eds ou patriote ivoirien et porte des écriteaux souhaitant la bienvenue au président Gbagbo dans les langues des quatre aires géographiques du pays (Nord, sud, est, ouest), explique Mme Lorougnon.

A peine cette date annoncée qu'une sorte de peur bleue s'est emparée des adversaires de Gbagbo. Lesquels posent plusieurs questions faisant croire à une décision unilatérale du Fpi. Est-ce que Ouattara a vraiment donné son accord ? Pourquoi Gbagbo veut-il rentrer maintenant ? veut-il troubler l'ordre public au pays ? Ne sait-il pas qu'il risque la prison dès sa descente d'avion étant donné sa condamnation à 20 ans ? Autant de questions auxquelles Assoa Adou donne cette réponse laconique : ''Certains pensent que c'est un coup de force mais le président m'a dit de négocier pour que son arrivée soit une joie. (...) Mais comme ils traînent les pieds, Gbagbo viendra et si c'est pour prendre un woro-woro, on le prendra pour aller le chercher à l'aéroport".

Appliquer la loi...

Assoa Adou rappelle aussi Ouattara à ses obligations. Celles-là, au nom desquelles le président Gbagbo avait en son temps tout mis en œuvre pour que Ouattara mette fin à son exil auquel l'avait astreint le régime Pdci. C'est une sorte de retour de l'ascenseur que le Fpi sollicite. "Quand nous partons les voir, ce n'est pas pour plaider mais pour qu'ils appliquent la loi", tonne encore Assoa Adou. Puis le secrétaire général du Fpi Gor d'expliquer que, c'est face à la détresse de certains anciens barons du régime Pdci que le président Gbagbo avait pris une loi assortie de décrets d'application pour les anciens dignitaires de l'Etat. Ouattara avait d'ailleurs bénéficié de cette loi avec à sa disposition, gardes du corps, gens de maison, rente viagère, assurance santé... Laurent Gbagbo, apprenons-nous, demande que Ouattara applique simplement cette loi sans qu'il ne lui soit demandé de négocier son retour comme on le soutient au Rhdp.

Au moment où le régime d'Abidjan traverse une zone d'incertitudes avec des présidents d'institutions y compris le Premier ministre malades, il ne veut prendre de risque supplémentaire. Selon nos informations, la question divise ceux qui sont favorables au retour de Gbagbo pour la plupart des proches du premier ministre Hamed Bakayoko et ceux qui y sont opposés comme le ministre des affaires présidentielles Téné Birahima dit photocopie. Pour ces derniers, un retour de Gbagbo en Côte d'Ivoire compromettrait leur chance d'accéder à la magistrature suprême dans cette lutte effrénée pour la succession de Ouattara.

Content created and supplied by: SylvainGuédéDebailly (via Opera News )

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