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Les 20 évènements qui ont marqué la vie politique de la Côte d'Ivoire en 2020

1.      05 janvier 2020: décès du Général Issiaka Ouattara, dit Wattao. Cet officier supérieur des forces républicaines de Côte d'Ivoire, s'était illustre comme Commandant de Zone à Bouaké pendant la longue période de rébellion qui a secoué la Côte d'Ivoire de 2002 à 2010. Les conditions de son décès ne sont pas encore élucidées, la version officielle étant qu'il est décédé des suites des complications d'un Diabète de Type 5

2.      10 Janvier 2020: décès du Président du Conseil Economique, Social, Environnemental et Culturel, le Ministre Charles Diby Koffi. Cet homme qui a longtemps fait la fierté de sa région d'origine, la Marahoué, et de toute la Côte d'Ivoire sous Gbagbo puis sous Ouattara, et grâce à qui la diplomatie économique de la Côte d'Ivoire a été renforcée, est décédé lui aussi, tout comme Wattao, dans des conditions jusque-là non élucidées.

3.      15 Janvier 2020: acquittement de Gbagbo et Blé Goudé, après un procès fleuve à rebondissements à la Cour Pénale Internationale. Inculpés pour avoir, selon le Procureur près la CPI, fomenté un Plan commun en vue de perpétrer des crimes contre l'humanité ciblant des communautés distinctes, ils avaient été transférés par l'Etat ivorien en Décembre 2011 et leur procès avait démarré le 26 janvier 2016. Ils ont été finalement acquittés après que les juges de la CPI aient pris le soin d'écouter les 43 témoins à charge soigneusement sélectionnés par la Procureure, Fatou Bensouda, mais dont les témoignages finissaient chaque fois par disculper les accusés

4.      05 mars 2020: annonce de M. Ouattara selon laquelle il ne serait pas candidat aux élections prochaines. Cette annonce est relayée par des journaux sérieux comme le Monde (à qui M. Ouattara aura même offert une interview pour confirmer cette annonce) et Jeune Afrique l'Intelligent. M. Ouattara dit vouloir céder le pouvoir aux jeunes générations. Le 16 mars, la candidature de Gon Coulibaly est officiellement annoncée par le Chef de l'Etat lors du congrès du RHDP devant permettre de désigner consensuellement le candidat dudit Parti. Cette annonce va susciter les démissions de Mabri Toikeusse (UDPCI) et Marcel Amon-Tanoh.

5.      24 avril 2020: mandat d'arrêt émis contre Soro Guillaume par le Procureur de la République, Me Adou Richard, dans l'affaire des écoutes téléphoniques par un rebondissement mettant en lumière les intentions de déstabilisation du pouvoir d'Etat par Soro Guillaume. Celui-ci va riposter en France en poursuivant en justice le Procureur et ceux qui sont sensés lui avoir fourni ces informations.

6.      29 avril 2020: le Gouvernement se retire du Protocole instituant la Cour Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CADHP), sur le motif que ladite Cour s'immixte dans les affaires politiques internes de la Côte d'Ivoire. La CADHP avait émis un arrêt en 2014 pour la recomposition de la CEI, puis en 2020 pour la libération des prisonniers pro-Soro détenus sans jugement depuis décembre 2019 et le retrait du mandat d'arrêt lancé contre Soro Guillaume.  

7.      08 Juillet 2020: décès de Gon Coulibaly. Le Lion s'est effondré en plein Conseil des Ministres. Evacué d'urgence, il n'a pas survécu à l'attaque cardiaque qui l'a terrassé. Ce décès est un coup dur pour le RHDP, mais spécialement pour Ouattara qui l'avait adoubé pour les élections prochaines.

8.      14 Juillet 2020: démission de Daniel Kablan-Duncan de la vice-présidence de la Côte d'Ivoire. Cette démission intervient dans un contexte assez trouble, où une succession est envisagée pour la candidature avortée de Gon Coulibaly aux présidentielles. Les conditions de cette démission ne sont pas encore élucidées. La loyauté de M. Duncan à l'égard de ses deux (02) patrons, Ouattara et Bédié, n'est plus un secret pour personne.

9.      06 Août 2020: annonce par M. Ouattara, de sa candidature à sa propre succession, lors de son discours à la Nation à la veille de la commémoration des 60 ans d'Indépendance politique du pays. Il dit ressentir cela comme un grand sacrifice de sa personne fait à la Nation.  

10.  16 Août 2020: annonce officielle de l'arrestation de Mme Pulchérie Gbalet et de ses collaborateurs, de l'ONG ACI (Alternative Citoyenne Ivoirienne). Mme P. Gbalet, agent au BNETD (Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement), très incisive contre le projet de candidature de M. Ouattara aux élections prochaines, lance des mots d'ordre de manifestations sur tout l'ensemble du territoire. Elle et ses collaborateurs, ont été enlevés par des individus armés et encagoulés avant d'être transférés à la Sûreté. Depuis cette date, ils sont incarcérés. Amnesty International a lancé une pétition en ligne pour leur libération. https://www.amnesty.org/fr/get-involved/take-action/cote-divoire-6-femmes-detenus-arbitrairement/ et https://www.change.org/p/amnesty-international-abidjan-la-lib%C3%A9ration-des-prisonniers-d-opinion-politique-de-c%C3%B4te-d-ivoire

11.  14 septembre 2020: le Conseil constitutionnel officialise sa liste de candidats retenus. Parmi eux, on note bien entendu M. Ouattara Alassane dont la candidature suscitait beaucoup d'interprétations diverses sur les Articles 55 et 183 de la Constitution. MM. Bédié et Affi N'Guessan, eux aussi retenus, s'insurgent contre la candidature retenue de M. Ouattara et lancent le lendemain un mot d'ordre en vue d'un boycott des opérations en lien avec les élections. Le 4ème candidat retenu, Konan Kouadio Bertin, transfuge du PDCI-RDA, se désolidarise de cette position, estimant mieux servir les intérêts de l'Etat en se présentant. Les autres candidats non retenus, MM. Gnamien Konan, Mabri Toikeusse, Marcel Amon-Tanoh, Mamadou Koulibaly, etc., estiment que cette décision est entachée d'erreurs, étant donné que leurs dossiers de candidature étaient complets. Puisque les décisions du Conseil Constitutionnel sont insusceptibles de recours (c'est une instance en premier et dernier ressort), et couvertes par le sceau du secret d'Etat, elles ne peuvent faire l'objet d'aucune procédure judiciaire. Ces candidats non retenus s'allient à la Coalition menée par MM. Bédié et Affi N'Guessan pour réclamer une reprise du processus dans des conditions plus équitables et transparentes.

12.  24 octobre 2020: décès du ministre de l'administration territoriale et de la décentralisation, Sidiki Diakité. Ce décès intervient, lui aussi, dans des conditions obscures, non encore élucidées.

13.  19 octobre 2020: assassinat du jeune N'atayé Kissi Ekra Morel à Bonoua lors d'une manifestation réprimée par les forces de l'ordre. il a été inhumé le 21 novembre 2020, en même temps que N'Guessan Toussaint à Daoukro. C'est une journée noire pour toute la Nation ivoirienne. Les responsabilités de ce meurtre n'ont pas encore été situées de manière officielle et judiciaire.

14.  31 octobre 2020: les élections présidentielles se tiennent dans des conditions sécuritaires renforcées avec l'envoi de 35.000 soldats équipés pour contrer les attaques et les émeutes (Opération dénommé Barrissement de l'Eléphant). Elles opposent Ouattara Alassane (RHDP), et Konan Kouadio Bertin (indépendant, transfuge du PDCI-RDA). Le nombre de bureaux de vote est réduit de 22.381 à 17.601, du fait des actes de boycott actif perpétrés pour ne pas que le scrutin ait lieu. En fin de journée, le taux de participation annoncé par les média internationaux présents pour couvrir l'évènement est de moins de 10%. Le surlendemain, après le dépouillement des résultats provisoires, la CEI annonce un taux de participation de  53,90%. De nombreuses irrégularités sont constatées en ce qui concerne les calculs finals par région. Le  09 Novembre 2020, le Conseil Constitutionnel entérine ces résultats qui donnent  le Chef de l'Etat vainqueur avec 95,31% contre M. Konan Kouadio Bertin, qui a obtenu 2,01% des suffrages exprimés.

15.  02 novembre 2020: en réaction à ces résultats, le Bloc de l'Opposition conduit par MM. Bédié et Affi N'Guessan annonce la création du Conseil National de Transition, estimant que les opérations électorales ne se sont pas réalisées dans des conditions permettant de déclarer la légitimité du Président élu. Marcel Amon-Tanoh, Blé Goudé puis Laurent Gbagbo se désolidarisent de ce Conseil, considérant qu'il est aussi illégitime que la cause que l'Opposition combat. Ledit Conseil sera finalement dissous le 09 Décembre 2020 par une annonce officielle de M. Bédié, où celui-ci maintient tout de même le mot d'ordre de désobéissance civile.  

16.  03 novembre 2020: annonce de l'arrestation de Pr Guikahué, Secrétaire Exécutif du PDCI-RDA et Dr N'Dri Narcisse, Directeur de Protocole de M. Bédié ainsi que d'autres personnalités du Parti sexagénaire. Cette arrestation fait suite à la tentative d'arrestation avortée de M. Bédié et tous les autres leaders de l'Opposition (Mamadou Koulibaly, Gnamien Konan, Mabri Toikeusse et d'autres encore) réunis au domicile de M. Bédié à Daoukro, et au siège dudit domicile par les soldats ivoiriens. Les deux (02) précités ont été incarcérés à la MACA d'où ils ont été évacués dans la nuit du 19 au 20 décembre 2020, pour le premier, à Paris, et le second à la Clinique Farah pour être traités après des crises aigues dont on ignore encore l'origine et la nature. Certains parlent de COVID19, ce qui est démenti par les sources officielles.   

17.  09 novembre 2020: meurtre de N'Guessan Koffi Toussaint par des jeunes du quartier de Soziribougou à Daoukro, dans un contexte de violences intercommunautaires du fait de la polarisation ethnique du débat politique par les acteurs en présence. La tête du jeune Toussaint est utilisée par les jeunes, filmés, en train de jouer au football, avec. Le monde entier est sous le choc devant une telle barbarie. A Toumodi dans la même semaine, précisément les 04, 05 et 06 novembre, des affrontements ont lieu entre les jeunes, se soldant par des incendies de maisons familiales (avec des individus du 1er et du 3ème âge, cloîtrés de peur à l'intérieur, tous huit calcinés), des meurtres, des destructions de  maisons en représailles, des déplacements massifs de populations dans les forêts, et de nombreux blessés. Les responsabilités de ces actions n'ont pas encore été situées de manière officielle et judiciaire.

18.  07 novembre 2020: Pascal Affi N'Guessan, en partance pour son village, Bongouanou, est arrêté et conduit en prison, où il séjournera sans procès jusqu'au 30 décembre 2020, date de sa libération sous contrôle judiciaire.

19.  04 décembre 2020: remise par l'Etat ivoirien de ses deux (02) passeports à Laurent Gbagbo, ex-Chef d'Etat ivoirien acquité par la CPI après un procès fleuve à rebondissement. Par cet acte symbolique de haute portée, le Gouvernement compte aller à l'apaisement des tensions en permettant à Gbagbo de rentrer enfin dans son pays, et de retrouver les siens après 10 ans de séparation douloureuse.

20.  14 décembre 2020: investiture du Chef de l'Etat M. Ouattara Alassane, en présence de 13 chefs d'Etat, de Nicolas Sarkozy, de Yves LeDrian, et de quelques français habitués du milieu des affaires évoluant en Côte d'Ivoire. Dans son discours d'investiture, le Chef de l'Etat appelle ses opposants à un dialogue politique et promet de faire de la Côte d'Ivoire une Nation solidaire. Le 17 décembre, M. Ouattara procède à la nomination de M. Konan Kouadio Bertin comme Ministre de la réconciliation et de la Solidarité. Les semaines suivantes, on annonce la dégradation et l'arrestation de plusieurs soldats ayant fomenté un coup d'Etat contre sa personne le 22 Décembre 2020. Jusqu'ici ces informations sur le coup d'Etat ne sont confirmées par aucune source officielle, les interpellations étant faites sous l'angle d'une suspicion de conspiration. Une investigation a été ouverte à l'effet de lever les zones d'ombre de cette affaire.

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