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Militantisme citoyen et politique/ Comment la JEC a formé et révélé Simone Gbagbo

Simone Ehivet Gbagbo, citoyenne et militante


« Tout ce que Simone est aujourd’hui, elle le doit à sa rencontre avec le Christ comme laïc façonné par ce mouvement : la Jeunesse Estudiantine Catholique (JEC) ». Le Monseigneur Jean-Baptiste Akwadan, chapelain du pape, a pris une part brève mais significative au colloque organisé les 22 et 23 septembre 2022, à l’amphithéâtre Pharmacie de l’université Félix Houphouët-Boigny, sur le thème : « Simone Ehivet Gbagbo, de la citoyenne militante à la femme d’Etat ». Fidèle compagnon de l’ex-Première dame et véritablement lié à sa famille biologique, le prélat a livré aux participants à ce colloque, un témoignage sur ce qui est la base de la vie publique de Simone Gbagbo.

Selon le prêtre, l’engagement politique de Simone Gbagbo ne peut pas se démarquer de son engagement de responsable JEC. Citant abondamment les écrits bibliques, il a affirmé que « ce mouvement estudiantin de formation et d’éducation avait pour vocation première d’aider les jeunes étudiants catholiques à se reconnaître, en tout temps et en tout lieu, comme disciples de Christ, pratiquant les vertus chrétiennes qu’enseigne l’Evangile du Christ. Ainsi, désireux de servir Dieu, l’Eglise et les hommes, pourront-ils déceler les différentes vocations enfouies dans leur cœur. Elle constituait une clef de vie chrétienne : vie de foi, d’espérance et de Christ ».

De fait, Simone Ehivet Gbagbo a 18 ans lorsqu’elle est élue, en 1967, présidente nationale de la Jeunesse Estudiantine Catholique de Côte d’Ivoire. Elle dirige ce mouvement avec brio pendant environ quatre ans.  Aussitôt après, elle prend la tête du Groupe de recherche sur la tradition orale (GRTO) qu’elle a créé avec quelques autres étudiants, avec le soutien du professeur Zadi  Zahourou.

En 1980, elle est recrutée à l’université d’Abidjan comme attachée de recherche. Elle intègre immédiatement le syndicat national de la recherche et de l'enseignement supérieur (SYNARES) que dirige Pierre Kipré. Elle en est la secrétaire générale adjointe.  Au cours de cette même année, l’université connaît une grave crise et le SG est contraint de démissionner. La direction du syndicat échoit donc à Simone Gbagbo. A cette époque, la nouvelle SG est nourrice de ses jumelles Popo et Gado nées en 1981, et son mari, Laurent Gbagbo, est en exil en France.

La situation syndicale est très délicate mais Simone tient fermement la barre jusqu’à ce que ses camarades lui proposent de diriger une section d’un mouvement politique clandestin. Il s’agit de Ouraga Obou, Abou Drahamane Sangaré, Pascal Kokora et Boga Doudou Emile, entre autres.  Ce mouvement clandestin va devenir le Front populaire ivoirien (FPI) à la suite du congrès, tout aussi clandestin, des 19 et 20 novembre 1988.

Simone Gbagbo a donc dirigé la JEC, le GRTO, le SYNARES, les mouvements politiques clandestins, le FPI et, enfin le Mouvement des générations capables (MGC) créé il y a peu. Pour le Chapelain du pape, c’est avant tout, la JEC qui l‘infusa comme une vertu révélée de sa nature, pour la porter plus haut afin qu’elle découvre sa vraie vocation, « avancez en eau profonde, allez au large pour lancer vos filets pour attraper du poisson », cite-t-il la Bible avant de s’interroger : « N’est-ce pas ce qui, aujourd’hui encore, donne un sens à son action ? »

La devise de la JEC est « voir, juger, Agir ». Elle oblige Simone Gbagbo, selon le prêtre, à haïr le mensonge et à ne témoigner que de la vérité qu’elle aura vue et jugée dans ses investigations. Mais, se demande-t-il encore, « pour ton monde d’aujourd’hui, qu’est-ce que la vérité » ?

Paul D. Tayoro

 

 

 

 

 

 

Content created and supplied by: Paul-D-Tayoro (via Opera News )

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