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Retour de Gbagbo à l'église catholique : Un prêtre fait de grandes révélations

Le cardinal Jean-Pierre Kutwa a annoncé, le dimanche 20 juin 2021, le retour de Laurent Gbagbo au sein de l’église catholique. C’était lors de la messe d’action de grâces demandée par l’ex-chef de l’État ivoirien, rentré en Côte d’Ivoire après son acquittement par la Cour pénale internationale des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité lors de la crise ivoirienne de 2010-2011. Un prêtre fait des révélations sur ce retour.

 

 

 « Les secrets d'une nouvelle vie. Beaucoup jasent et créent des polémiques inutiles sur le retour du président Gbagbo à l'Eglise catholique. Et se demandent pourquoi l'Eglise accepterait un homme qui aurait deux femmes. Il est bon de savoir que le président Gbagbo dont je salue à titre personnel le retour dans son pays natal, a toujours été catholique. Le baptême qu'on reçoit à l'Eglise catholique nous lie de façon ontologique et irréversible à l'Eglise catholique. Ce baptême est reçu une seule fois dans la vie. Quelqu'un peut pour des motifs divers s'éloigner de l'Eglise pour un moment donné mais cette personne reste à jamais catholique. On parle d'un lien ontologique. C'est un peu comme un enfant qui a beau se fâcher contre son père et sa mère mais il ne peut se vider de son sang paternel. On est engendré dans la foi catholique une fois pour toutes et il faudrait être vraiment un sorcier pour recevoir un soit disant autre baptême. Quelqu'un peut-il rentrer à nouveau dans le ventre de sa mère et renaître ?

 

C'est la même chose au niveau spirituel. C'est pour cela que tous les catholiques qui prennent leurs distances vis-à-vis de l'Eglise ne le savent peut-être pas mais ils restent catholiques dans leur corps. C'est pourquoi le président Gbagbo ne sera pas rebaptisé mais a juste fait avec le cardinal publiquement amende honorable et l'Eglise accueille à bras ouvert le retour de son digne fils. Pour moi, il faut voir l'homme qui a fait une expérience spirituelle formidable durant cette lourde épreuve et le soutenir plutôt que de s'attarder sur la vie privée d'un homme marqué dans sa chair par des formes d'épreuves et d'humiliations. Arrêtons au nom du Seigneur, ses commentaires désobligeants sur sa vie privée. Qui d'entre nous est sans péchés. Soyons modérés dans nos propos et arrêtons de juger qui que ce soit. L'homme est une histoire sacrée et respectons la dignité et la souffrance d'un homme marqué à vie par tant d'épreuves.

 

L'Eglise est sainte mais est remplie de pécheurs. C'est pour cela que nous prions et demandons la miséricorde de Dieu. On se souvient de la question du Christ à ceux qui voulaient lapider la femme prise en flagrant délit d'adultère : « Qui d'entre vous est donc sans péchés (jean 8,7)? » Il y en a qui ont intérêt à tirer sur les méandres de la vie privée du président Gbagbo pour nous écarter des vraies réalités de la Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, la constitution est biaisée et équivoque, cela ne dit rien à personne. Tant de nos enfants croupissent en prison sans jugement, d’autres meurent, faute de présence du corps médical aux urgences, le budget de souveraineté budgétivore et opaque, un gouvernement inutilement pléthorique, des institutions vides de sens etc. La Côte d'Ivoire a besoin d'être restaurée dans sa dignité et de faire rentrer tous ses enfants d’exil. Le chantier est si énorme qu'il est diabolique de s'attarder sur des problèmes de couple du président Gbagbo. Pour eux, c’est sûrement ostentatoire mais combien sont-ils ceux qui n'ont pas plus de deux femmes ou des femmes qui ont plus de deux hommes ? Combien sont-ils ou sont-elles les bisexuels ?

 Que tous ceux qui s'offusquent de la manifestation de l'amour de Dieu à travers l'Eglise mère qui accueille son enfant de retour de souffrances et d'exil, fassent eux-mêmes leur propre examen de conscience.

 

Le dernier point que je peux soulever dans cette actualité sur le retour du président Gbagbo dans sa maison mère, l'Eglise catholique, doit ouvrir les yeux sur tant de personnes qui se laissent égarer par des soit disant pasteurs ou hommes de Dieu aux prédictions loufoques et à la manipulation éhontée. On se rappelle cette clique de pasteurs autour du président qui ont détalé au premier crépitement de fusil alors qu'ils étaient les premiers à l’endormir sur un concept farfelu d’"éternel des armées". Ils ont endormi le président Gbagbo, le soumettant à des jours de jeûnes et mille autres privations d'austérité. Au moment de répondre présents, ils ont tourné casaque et se sont mis à la disposition des nouveaux maîtres d'Abidjan.

 

Lorsque le président Gbagbo a été arrêté en ce 11 avril 2011, de triste mémoire, il sortait d'un temps d'épuisement causé par les bruits assourdissants des bombes mais aussi et surtout d'un temps de jeûne drastique au forceps imposé par une clique de soit disant hommes de Dieu affabulateurs et manipulateurs, demandant à manger selon les premières confidences, une fois arrivé à l'hôtel du golf. Le président a eu le temps de faire son examen de conscience et il a compris que sous des dehors enchanteurs, il y a dans le ministère à Dieu, de dangereux loups voraces. C'est tout à son honneur quand nous pensons encore à tous ceux qui sont encore sous l'emprise de gourous spirituels de tout acabit.

 

En plus de la vierge Marie qui a montré des signes maternels incommensurables au président Gbagbo, un homme, Mgr Dacoury-Tabley a été à ses côtés, lui rendant visite à La Haye et en Belgique et lui apportant un soutien franc et pas biaisé. Le président a vite compris l'arnaque dans le milieu spirituel et a préféré revenir vers son Église mère qui ne l'avait jamais lâché. C'est de cela qu'il s'agit et rien d’autre. Tout autre commentaire relève de l’affabulation et de la communication politicienne pour nous distraire des vrais défis du moment dans un pays malade de l'instrumentation de la constitution et de ceux chargés de la défendre. Il y a mieux à faire maintenant dans ce pays, il y a tellement d'urgence que, se focaliser sur un épiphénomène, ne peut qu'être diabolique. Je le redis, ce pays est possédé et a besoin d'une grande délivrance ».

 

Père Basile Diane

Prêtre catholique, curé de la paroisse de Moossou

Journaliste et écrivain

Auteur de ‘’Délivre les miens du mal’’ paru aux éditions Publibook à Paris en 2018.

 

 

AKE

 

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