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Comprendre le fonctionnement des sociétés sécrètes ou Nkem chez les bamiléké du Cameroun

L'histoire de l'Afrique est généralement corrélée exclusivement à celle de l'esclavage, de la colonisation, de domination d’un peuple par un autre entrainant la perte de certaines valeurs coutumières au profit de celle des envahisseurs. Malgré tous les évènements historiques, le peuple bamiléké, situé dans la région de l'Ouest du Cameroun en Afrique centrale, a toujours trouvé un moyen de conserver son héritage, notamment mystique, au travers le fonctionnement des sociétés sécrètes. Ainsi, dans notre article nous vous apporterons plus de lumière sur cette secte.


Appelées Nkem, on trouve plusieurs de cette secte dans tous les villages bamilékés. Elles représentent le pilier de la société bamiléké tant pour leur rôle dans la religion mais aussi la politique, l’économie et la culture. Le Chef s’appuie sur ces sociétés pour se tenir informé des besoins de sa population et de ses sujets. Les Nkem ont pour rôle également de servir de tribune permettant aux individus de s’exprimer. Elles sont qualifiées de secrète car tout ce qu’il s’y dit en censé être connu que par les membres. Les dignitaires des sociétés secrètes se préoccupent aussi des besoins de ses membres. En réalité, il n’est pas possible de vivre socialement sans appartenir à l’une ou plusieurs de ses sociétés.

Quelle que soit la variété des sociétés secrètes en fonction des villages, elles ont toute pour but la mise en valeur de leur chefferie. L’organisation des sociétés secrètes est un peu à l’image de la chefferie. Alors pour mieux fonctionner, elles sont divisées en trois catégories : les sociétés des descendants du Chef ou « princes », les sociétés des serviteurs du Chef et les sociétés des villageois. Ainsi, ce fonctionnement se perçoit, d’abord par les droits d’entrée, qui dans la généralité des cas, se définit par l’accès aux confréries se fait tels que la voie d’héritage, la décision du Chef au moment de l’octroi d’un titre, le parrainage et versement d’un droit d’entrée dont la valeur est calculée en fonction de l’importance de la société secrète, de la qualité personnelle du concerné (rang social, influence, mortalité) et de celle du parrain. Par ailleurs, l’accès à certaines sociétés peut exiger un ou plusieurs rites d’initiation.

Ensuite, nous avons les lieux de réunion. Périodiquement, les réunions des sociétés ont lieu dans des cases spéciales, chaque confrérie importante ayant la sienne. La case est décorée de motifs symboliques spécifiques sculptés sur les montants des portes et les supports du toit. Elle est entourée d’une palissade délimitant une vaste cour. Dans les cases se trouvent de nombreux sièges dont l’emplacement et le type correspond à une certaine catégorie sociale. Il existe deux types de disposition : concernant le premier type, les sièges sont disposés autour de la case. Celle du Chef se trouve immédiatement à droite de l’entrée principale. Les autres sièges se succèdent selon l’ordre d’importance de leur propriétaire. Le moins gradé se retrouvera ainsi à gauche du Chef, de l’autre côté de la porte. Les sièges des membres décédés sont suspendus au plafond de la case tant que l’héritier n’est pas venu en prendre possession. Quant au deuxième type qui est la salle de réunion carrée ou rectangulaire avec seulement trois côtés occupés. Dans l’axe du rectangle, sur un des côtés, s’installe le Chef ou son représentant, entouré de ses plus hauts dignitaires. Un des grands côtés est réservé aux membres de sang royal, le côté opposé aux membres ordinaires. L’éloignement plus ou moins grand du Chef est dépendant des grades respectifs des membres (ou de leur influence religieuse et sociale). Cependant comment se tiennent les réunions de ces sociétés sécrète ?

Enfin, lorsque le jour de la réunion arrive, les membres de la société se rendent à la case dédiée en portant des cagoules et des signes de reconnaissance. La réunion commence par un sacrifice ou une libation (le fait de verser une boisson à terre). On échange les nouvelles et on discute des affaires de la chefferie. Chacun doit être honnête et sincère lors des débats. Il n’est pas censé y avoir des répercussions.


Source : Avis de certains prêtres bamiléké et documentaires

Content created and supplied by: ANGEDELATARAXIE (via Opera News )

Cameroun Nkem

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