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Polygamie: Un mal "nécessaire" qui tue à petit feu notre société Africaine

La société moderne africaine est de plus en plus modelée sur le format du legs colonial transmis par les européens entre les années 1800 et 1960.

En effet, force est de constater que l'Afrique est parvenue, consciemment ou inconsciemment, à intégrer, bien souvent au détriment de ses propres référents culturels, philosophiques, religieux et autres, les valeurs occidentales. S'il est vrai que ce constat est difficilement contestable, il ne demeure pas moins vrai, à contrario, que dans certains cas, on assiste à une sorte de bémol, eu égard à la contradiction entre le reniement par les africains de leur authenticité et les choix, apparemment opportunistes, qu'ils opèrent parfois en recourant à leur passé. Et en le disant, nous faisons référence à la polygamie, objet de notre réflexion.  

Pour la plupart des populations africaines, le phénomène de la polygamie est la résultante de plusieurs facteurs. L'un des plus grands facteurs, c'est la paupérisation de la société africaine. Cette société se focalise de plus en plus sur l'acquisition du bien matériel, "pour laisser s'exprimer le phénomène de la polygamie", en mettant le choix d'une vie réussie sur tous les plans, en la richesse du potentiel prétendant. Alors, face à la situation de pauvreté grandissante dans de nombreuses communautés, il est facile pour des personnes nanties financièrement de se proposer d'avoir souvent plus d'une femme. 

Les arguments avancés se fondent régulièrement sur les possibilités offertes en la matière par la religion. Mais, il y a la prescription religieuse, ses conditions, et, la réalité des populations. Malheureusement, les potentiels prétendants au mariage polygamique ne prennent pas toujours en compte ces réalités existentielles. Des conséquences fâcheuses en découlent dans beaucoup de cas.  Une multitude d'enfants naisse et c'est une éducation précaire qui leur est accordée: chacun est livré à lui-même, sans repère social.

Pour combler l'absence de repères et le manque de ressources financières dans la famille, certaines femmes se sentent obliger d'accepter les avances de mariage de deuxième, troisième ou quatrième femme. Pour elles, les finances de leur époux pourront aider la grande famille.

Il y a aussi cette méchanceté qui ne dit pas son nom, de la part de personnes nanties financièrement qui "kidnappent" la progression et l'épanouissement de femmes qui ont la hantise du célibat. Pour ces dernières, il vaut mieux être dans une relation de "second bureau" (une femme non mariée qui entretient une relation amoureuse avec un homme marié, légalement dans un mariage polygamique, ou, illégalement dans une situation de "maîtresse"), que d'être célibataire. La culture de la paresse d'entreprendre une activité économique rentable, le manque de fonds pour les aider à avoir des emprunts bancaires... les contraignent à toujours dépendre d'un homme pour subvenir à leurs besoins, même les plus élémentaires. Les hommes qui s'adonnent à ce genre "d'esclavagisme" sont égoïstes, alors qu'ils ont leur propre femme, mariée conformément aux règles de l'état civil ou de l'autorité religieuse de référence. 

Au nombre des conséquences fâcheuses, il y a également les enfants adultérins qui "sèment le désordre dans les familles", pendant ou après le décès de leur père. Pour ceux qui ont la chance d'être reconnus, cela est une bonne chose pour toute la famille. Dans la majorité des cas, les enfants adultérins ne sont pas "en de bons termes avec les enfants légitimes" , avec des familles déchirées.  La polygamie est une plaie qui tue à petit feu au sein de la société africaine: l'augmentation importante du nombre de cas d'accident vasculaire cérébral, d'hypertension artérielle... de façon inhabituelle, peut avoir un début de réponse avec la bonne ou la mauvaise gestion des cas de polygamie.

Edmond kouassi ( EDDYDY)

Content created and supplied by: Eddydy (via Opera News )

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