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Côte d'Ivoire: s'engager sans réserve contre la corruption

La corruption est-elle érigée en normes pour rendre ou recevoir un service public ? Elle est presque présente partout, à tous les paliers de l’échelle sociale, avec sa victime que tout le monde connaît : l’État.

Cette culpabilité collective qui semble être bien acceptée de tous, a d’ailleurs, en Côte d’Ivoire, enrichi le lexique du locuteur pour traduire les initiatives à la corruption, avec des expressions qui vont du style relâché comme « fais-nous faire » à des métaphores savamment élaborées : « mettre un caillou sur le dossier à déposer dans l’administration » (au risque de le voir être emporté par le vent!).

Toutes ces images, pour amener les usagers des services publics à débourser de l’argent avant de recevoir des prestations. Ou encore pour ces mêmes usagers de payer, comme des faveurs qui leur sont faites, de moindres sommes d’argent à côté des frais légaux à ceux qui servent l’État.

Comment mettre fin à cette pratique qui vide pour ainsi dire, les caisses de l’État ?

Il est vrai, l’État n’assiste pas, impuissant à sa propre messe de requiem. Il mène des actions dont les médias se font par moments l’échos. Mais les résultats sont peu perceptibles parce que ce sont les enfants de la "maison" qui sont les mercenaires contre la "famille". Il faut donc la guérison par la racine.

En premier lieu, il faut renforcer les cours d’éducation civique et morale à tous les niveaux d’enseignement avec un point d’honneur au chapitre sur la corruption.

L’étude de ce thème devra faire ressortir en objectifs successifs d’enseignement, les éléments contenus dans la définition du mot « corruption ».

En effet pour le dictionnaire, la corruption, c’est «engager quelqu’un par des dons, des promesses, ou par d’autres moyens, à faire quelque chose contre son devoir, sa conscience, contre l’honneur, etc. » 

« Contre son devoir, contre sa conscience, son honneur », autant de thèmes à mettre devant le citoyen et l’amener à se voir comme au travers d’un miroir, pour se corriger.

C’est à ce niveau que les religions peuvent aussi apporter dans un second temps, leurs appuis. 

Car la lutte contre la corruption est une prédication majeure comme par exemple, dans la religion chrétienne avec dans la Bible, cette déclaration de Jean Baptiste dans le livre de Luc, le verset 14 du chapitre 3 :

« Des soldats aussi lui demandèrent : Et nous, que devons-nous faire ? Il leur répondit : Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde. »

L’entrée de ce message dans toutes les couches de la société dans l’objectif de mettre le citoyen au cœur de la morale dans le pays, est déjà un pas gagné.

Par la suite, il faut des actions fortes de l’État pour réprimer toute action engageant ou favorisant la corruption.

Il faut donc de la rigueur dans la définition d’une vision de lutte contre ce fléau à court et moyen terme, avec des objectifs mesurables à chaque étape de leur réalisation. Comme dirait Césaire, il faut « forcer l’énigme des peuples… »

Quelle que soit la stratégie envisagée dans la lutte contre la corruption, le succès réside dans la volonté des acteurs de ce combat qui, bien que titanesque, peut être gagné. Il s’agit ici encore comme chez Césaire de faire « un pas, un autre pas, encore un autre pas et tenir gagné chaque pas. »

Une sorte de remontée jamais vue. A ce prix, nous pouvons y arriver.


Ouraga Dali Constant

Content created and supplied by: OuragaDConstant (via Opera News )

Côte d'Ivoire

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