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Procès Amadé Ouérémi : comment le ‘’seigneur du mont Péko’’ n’entend pas couler seul

Le massacre de populations à Duékoué restera l’une des pages les plus sombres des tristes évènements consécutifs à la crise post-électorale de 2011 en Côte d’Ivoire. Un nom est associé aux massacres des populations dans cette ville c’est celui d’Amadé Ouérémi. Cet homme, depuis plusieurs années à eut une mainmise totale l’ouest montagneux ivoirien qu’il a sur écumé en maitre absolu.

        ‘’Le seigneur du mont Péko’’ régnait sur de vastes espaces protégés dans l’ouest du pays où il s’adonnait à des activités agricoles telles le café, le cacao…Il est  soupçonné de crimes de guerre qu’il aurait commis à l’occasion de la crise postélectorale de 2010-2011. Il s’agit précisément du massacre du quartier Carrefour, lors de la prise de Duékoué par les forces rebelles, fin mars 2011. Son nom est également cité dans les exactions commises sur les populations civiles après la destruction du camp des déplacés de Nahibly, en juillet 2012.

Pour rappel, le 18 mai 2013, Amadé Ouéremi avait été arrêté dans son fief de l’ouest par environ 200 hommes appartenant au Bataillon de Sécurisation de l’Ouest (BSO), qui était sous les ordres du commandant Losseni Fofana, dit « Loss », et du bataillon de sécurisation du Sud-Ouest, commandé par le capitaine Yacouba Diomandé, appelé « Delta ». Ce chef milicien y était retranché avec une centaine d’hommes armés tous sous ses ordres.

Amadé a vu le jour en 1964 à Akakro, dans la sous-préfecture d’Oumé. A l’état civil, il se nomme Amadé Wirmi, et est la progéniture de ressortissants burkinabè employés comme manœuvres agricoles en Côte d’Ivoire. Les parents d’Amadé retourneront quelques mois après la naissance de leur fils à Ouahigouya au Burkina-faso où le petit Amadé Ouérémi va grandir parmi ses autres frères et sœurs. A 22 ans, le jeune Amadé décide de revenir dans le pays où il a vu le jour. Il va travailler comme mécanicien puis devient planteur et féticheur à ses heures perdues.

Avec la survenance de la crise de septembre 2002 et la perte de l’autorité de l’Etat sur les réserves forestières de l’ouest, l’homme va y jeter son dévolu. Il va s’adonner à des trafics de tout genre. Selon Jeune Afrique économie, « il recrute des planteurs et se lance dans le braconnage, le trafic de cacao, de bois, de diamant, d’ivoire et de cannabis. Des activités très lucratives qui rapportent quotidiennement des millions de francs CFA. Produits et minerais sont acheminés au Burkina, via les chefs de la rébellion ». Toujours selon le panafricain JA, le 29 mars 2011 « les hommes de Ouérémi, de Loss, de Coulibaly et de Dramane Traoré attaquent la ville de Duékoué. Bilan : plus de 800 morts, selon les ONG ». L’homme qui serait entre temps devenu encombrant parce que dans la ligne de mire de plusieurs organisations qui demandent qu’il réponde de ses actes sera mis aux arrêts en 2013.

Avec son procès qui a débuté le mercredi 24 mars 2021 soit 10 ans après les faits incriminés, le chef milicien n’entend pas boire seul le calice jusqu’à la lie. Ourémi qui aurait agi comme un supplétif des ex-rebelles lors de la conquête de cette région en 2011 semble se désengager de toutes responsabilités devant le juge. « J’étais au village de Blodi. Je chargeais les munitions. Je ne suis arrivé que le lendemain de la libération de Duékoué, à 16 heures » a-t-il laissé entendre pour se justifier. A la question du juge de savoir qui a massacré 817 personnes en une journée, Amadé Ouérémi répondra « c’est la guerre » avant de pointer un doigt accusateur vers les chasseurs traditionnels dozos qui auraient également pris part selon ses dires aux exactions.

Ce procès qui est encore loin de livrer tous ses secrets, permettra de rendre justice à des dizaines de victimes dont les parents et ayants droits continuent de vivre une décennie après les faits dans le ressentiment et dans la douleur.

 

Content created and supplied by: SGB78 (via Opera News )

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