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Korhogo / Côte d'Ivoire : des personnes aux attitudes suspectes remarquées

source image: actualité.co

À Korhogo, la plus grande ville du nord de la Côte-d'Ivoire, des personnes aux attitudes qui s'apparentent à celles des bandits approchent les gens pour assouvir leurs desseins lugubres.

Le dimanche dernier, de passage à Korhogo en venant de la région de la Bagoué, je suis descendu d'un minicar aux abords de la grande mosquée au quartier Koko. J'ai alors porté mon sac à dos et puis j'avais un autre petit sac qui pendait à ma poitrine et contenant mes téléphones. Je marchais le long du trottoir vers la gare d'une grande compagnie de transport située non loin de là. C'est ainsi qu'un individu d'une trentaine d'années, à moto, vint stationner à mon niveau. L'homme m'appostropha et je m'arrêtai. Resté assis sur sa moto de marque Haojué, il prit un air pitoyable et sur un ton supplicateur, il me demanda de lui indiquer le domicile d'un certain Yacou Diarra, grand marabout bien connu à Korhogo, selon lui. Je lui ai alors répondu que je venais de voyage et que je ne connaissais pas cette personne. Il reprit de plus bel avec son accent Bambara : «:Fais à cause de Dieu. Le problème qui m'amène à chercher ce marabout est très sérieux et urgent. Mais quand je demande aux passants, ils me répondent en langue Sénoufo que je ne comprends pas. Si tu peux prendre un peu de ton temps pour m'aider à retrouver la direction du quartier de ce grand marabout, Dieu te le revaudra. Et puis, la connaissance entre deux personnes commence toujours par une circonstance. Sinon, moi-même, je suis marabout maïs je suis impuissant devant mon problème».

Pendant qu'il parlait avec moi, un autre jeune homme à moto également freina non loin devant nous et fit demi-tour. Il nous rejoignit puis ajouta que mon interlocuteur lui a fait signe de venir. Sur ce, mon premier interlocuteur me dit ::« Demande lui pardon de m'aider à trouver le domicile de Yacou Diarra. S'il peut le faire, Dieu ne l'oubliera pas ». Sans attendre, notre nouveau venu me répondit en Sénoufo que le soi-disant marabout habite le quartier Cité mais que lui-même est très pressé, il ne peut pas nous aider davantage. Je fis la traduction à notre homme" à problème". Il répliqua en me demandant de dire au nouveau venu que s'il refuse de l'aider, son problème pour lequel il court ne se réglera pas de sitôt. Et sur ce, il me dit encore : « Demande lui de me donner sa paume gauche». Le nouveau venu s'exécuta.. Après avoir observé la paume, notre chercheur de marabout affirma : «:Sa femme est en travail depuis trois jours mais le bébé ne vient pas. Si je mens qu'il ait le courage de dire que je suis un menteur». Le nouveau venu mit son index à la bouche, tout stupéfait et reconnu la véracité de la vision. Alors, notre chercheur de marabout lui indiqua un petit remède à faire dès qu'il arrivera à l'hôpital où est sa femme.

Se tournant vers moi, il me dit : « Comme toi, tu as été gentil en m'accordant de ton temps, trouvez un endroit où tu vas t'asseoir et je reviendrai te remettre quelque chose qui va t'aider et tu pourras continuer ton voyage». J'ai répondu que je serai à la gare non loin de là. Le nouveau venu, faussement ébahi, décida de l'accompagner au quartier Cité et se proposa même de me déposer à la gare avant que tous deux ne continuent leur chemin. Je pris place sur le siège de sa moto. Aussitôt qu'avons-nous démarré, mon cambaleur bifurqua sur une ruelle longeant la clôture de la grande mosquée et qui aboutit sur une broussaille. Je lui demandai où nous allions. Il me répondit : « Comme je n'habite pas loin, on va chez moi pour qu'il te remette ce qu'il t'a promis». Et moi de lui dire : « Quelqu'un que tu ne connais pas, tu veux aller lui montrer chez toi ? Non, on ne fait pas ça. Retourne tout de suite. Je suis d'ailleurs pressé car je vais en mission». Ce dernier mot l'a certainement bouleversé. Serais-je un homme de l'armée ? Il eut peur. Il rebroussa chemin et me descendit avant même la gare. Je marchai quelques mètres et pris une moto- taxi pour les suivre de loin. Juste avant, le grand marché, ceux qui étaient sensés aller au quartier" Cité" se retournèrent sur leurs pas en direction de la grande mosquée. Je poursuivis ma route pour emprunter un car en direction du sud du pays. En fait, j'ai réalisé trop tard que l'homme à l'accent Bambara n'était pas en détresse. Mes deux interlocuteurs étaient en réalité des complices qui croyaient avoir une victime à dépouiller ou même à tuer.

Il faut lire et faire lire en partageant. Je ne sais combien de personnes vont mordre à leur hameçon si le stratagème n'est pas divulgué.

Sino 74

Content created and supplied by: Sino74 (via Opera News )

Korhogo

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