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La dot ou la marchandisation de la femme en Afrique noire moderne : Et si on en parlait

Dans un passage biblique il est écrit que " l'homme quittera son père et sa mère, s'attachera à une femme et ensemble les deux formeront une même chair...". Cette parole divine montre le caractère sacré de l'union conjugale. Aussi la dot en tant que symbole vient- elle légitimer et solidifier la relation tout en étant ce pont qui unit non seulement deux individus, mais bien au delà deux familles, deux communautés. Seulement on constate que de nos jours la dot revêt un caractère de plus en plus mercantile, devenant souvent un frein au mariage.

Considérée par le passé comme sacrée et purement symbolique, parce qu'elle se définissait plus en thème d'objets, elle est devenue au fil des années et avec le modernisme, " le prix de la mariée". On assiste depuis quelques années à une montée en flèche des dépenses liées aux cérémonies de la dot. Les plus nantis s'adonnent à cœur joie en y depensant des fortunes pour montrer plus leur aisance plutôt que leur amour, tandis que les démunis s'en sortent souvent avec des grincements de dent.

Aujourd'hui il existe des familles malheureusement qui ne jurent que par l'argent. Pour celles ci, la dot n'a plus rien de symbolique, mais plutôt une affaire, où seul le plus offrant s'en sort à bon compte. Donner sa fille en mariage devient du coup un business, un investissement à court et long terme où le beau père peut à tout moment user de son droit de véto, parceque étant propriétaire de sa "chose" et non géniteur, pour brandir des menaces à l'encontre du beau fils...et malheur à ce dernier s'il n'arrive pas à répondre favorablement aux exigences de son beau père, il verra simplement et purement son épouse rappelée auprès des siens en attendant que ce dernier s'exécute.

Nous sommes de plus en plus face à une coutume dévoyée par le pouvoir d'argent. Le phénomène de la dot monetisée s'est répandu aux quatres coins du continent. Même si dans certains pays comme la Côte d'Ivoire, il existe des textes de lois qui interdisent cette pratique, ces dispositions ne sont pas toujours respectées. Le prix de la mariée atteint souvent des milliers de francs voir plus. Malheur à celui qui tombe sur une fille dont les parents ne jurent que par l'argent...

La dot qui, jadis se faisait avec fierté par le concubin qui voyait en cela un acte d'honneur et de dignité, a tendance à devenir dans certains coins du continent un véritable frein pour de nombreux jeunes et les amenant souvent à renoncer au mariage. Et lorsqu'ils y parviennent après maintes sacrifices et s'être dépouillés de toutes leurs économies, certains hommes pensent que la dot leur donne le droit de vie et de mort sur leurs femmes... d'où la recrudescence du phénomène galopant de femmes battues et chosifiées dans des foyers.

Face à ce fait, faut- il supprimer purement et simplement la dot ?

La réponse est bien évidemment non parce que la dot revêt avant tout un caractère non seulement symbolique, mais également culturel et spirituel gravé dans la conscience collective. Une femme dotée a normalement l'obligation d'être fidèle à son homme... Ici, la dot devient un peu comme une marque , un identifiant qui, même s'il n'est pas visible, constitue un rempart de sécurité autour de la femme.

Dans une société africaine en pleine mutation, comment concilier une tradition qui a traversé des siècles avec la modernité ? Pour certaines personnes, il faut réglementer la pratique de la dot par la loi en fixant une somme maximale à y consentir. Il faut éviter que la dot devienne un frein à une volonté d'union et au droit au mariage mais plutôt un lien sacré entre individus, familles et communautés.

( Opinion)

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Neutreetpartisan

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