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Tout ce que vous devez savoir sur le transhumanisme

Souleym5
By Souleym5 | self meida writer
Published 22 days ago - 0 views

Plus souvent présenté comme un désir de rupture, une volonté de puissance ou d’immortalité, le transhumanisme pourrait prendre le contre-pied de cette présentation. La technologie pourrait servir à préserver l’humain plutôt qu’à le transformer. Optimiser sa quête de bien-être plutôt qu’une course à la performance.



En 2017, durant l’ascension du Sri Pada, au Sri Lanka, important lieu de pèlerinage pour nos 4 religions majeures, j’ai tenté de comprendre le sens de ce besoin de changement et de rupture. En effet, la philosophie bouddhiste explique que l’homme, par ses actions, peut atteindre l’Éveil, un état de délivrance et de révélation qui change, à tout jamais, notre manière de vivre et de voir les choses. Et si les religions nous montrent que le changement et la rupture sont un objectif depuis longtemps, la révolution technologique sans précédent que nous connaissons ne cesse de nous montrer qu’il s’agit d’un objectif immédiat, à grande échelle.


Accélérer, augmenter, améliorer, modifier, transformer, changer. La rupture est partout. Aujourd’hui, à la proue de ce navire qu’est le progrès, on retrouve de plus en plus le terme « transhumanisme », accompagné de ses fidèles compagnons que sont la longévité, l’intelligence artificielle, et l’amélioration du corps humain. Par définition, le transhumanisme, ou H+, c’est placer le progrès scientifique et technologique au service du progrès humain. Au sens large, nous sommes tous des transhumains depuis longtemps, au vu de certaines prothèses électroniques que nous aimons tant, tels que nos smartphones. Et au sens restreint, être transhumaniste c’est être un dieu fou, souhaitant être immortel, cybernétique, délaissant une biologie à bout.


La plupart d’entre nous font face à ce débat sans savoir quel camp choisir, dans un contexte de dichotomie forcée. Nos évolutions nous sont imposées, comme si le changement et la rupture étaient obligatoires. C’est ici même qu’une réflexion sur notre appétit pour la transformation et la métamorphose m’est apparue essentielle.

J’ai commencé par m’intéresser simplement aux technologies avant d’aller vers le transhumanisme. Il existe, notamment dans le domaine précis des troubles moteurs chez l’humain, deux approches : une « externe » et une « interne ». Par exemple, les personnes tétraplégiques à qui l’on fait porter un exosquelette piloté par la pensée – quelque chose de très imposant – ont parfois tendance à trouver désagréable cette robotisation.

À l’inverse, les personnes qui se font implanter d’un appareil électronique invisible, comme la stimulation profonde du cerveau pour traiter les troubles moteurs liés à la maladie de Parkinson, n’ont qu’une seule peur, c’est qu’on désactive cette stimulation bénéfique. Encore mieux, en 2018, des neurobiologistes ont réussi à régénérer des nerfs après une lésion, avec un implant biodégradable par notre corps, qui a ainsi totalement disparu. Démonstration d’une technologie à fort potentiel, mais qui sait se faire totalement oublier. 

Et si c’était la sensation que rien ne change « vue de l’extérieur » qui procure à l’utilisateur ce confort d’utilisation ? Serait-ce un premier bon point pour la continuité face à la rupture ? Tentons de voir ce qu’en dit l’approche transhumaniste : par définition, le transhumanisme, c’est placer le progrès scientifique et technologique au service du progrès humain (physique, mental et sociétal). Il s’agit donc de repenser l’expérience de vie de chacun d’entre nous, en remettant en question des vérités générales qui nous sont apparues jusqu’ici fondamentales, telles que l’impossibilité de modifier notre ADN ou de guérir tous les cancers. 


Vu sous cet angle, on ne peut que reconnaître que nos vies sont faites de ruptures, ou au moins de phases. Pour ce qui est de notre santé, on peut du jour au lendemain tout perdre, comme l’usage d’un membre, dans un accident, ou même la vie avec un cancer ou un accident cardio-vasculaire foudroyant. Et quoi qu’il arrive, la vieillesse induit la rupture à un moment, quand on perd nos fonctions mentales ou physiques.

Ainsi, penser le transhumanisme pourrait être une opportunité pour apporter davantage de continuité dans notre expérience de vie, en évitant les ruptures non souhaitées. Se cacherait ainsi dans le transhumanisme l’envie de continuer à vivre comme aujourd’hui, c’est-à-dire aimer, sortir, jouer… Et tout cela sans la peur que tout change de manière irréversible à causes d’une biologie qui nous échappe.



Pour tenter de faire le tour des idées autour du sujet, je suis parti lire les opposants au transhumanisme. Ils dénoncent souvent le fait que les transhumanistes prônent la rupture, ne souhaitant plus continuer avec un corps humain dont l’ADN n’a quasiment pas évolué depuis les premiers Homo sapiens. Ainsi, il semble que chacun souhaite la continuité de l’humain en dénonçant la rupture chez le camp adverse. Et si tout se jouait finalement sur une question de discours ? Qu’est-ce qu’être humain ? Est-ce une notion biologique, inscrite dans notre ADN d’Homo sapiens, ou est-ce ce sentiment de partager une culture et une morale commune à chacun ? 

Serait-ce une opportunité pour voir sous un angle nouveau l’opposition entre continuité et rupture ? Déjà, génétiquement, la rupture n’existe pas vraiment, et l’évolution au sens Darwinien s’opère continuellement. Mon ADN comme le vôtre subit des milliers de mutations chaque jour, et on ne sait même pas si un humain actuel pourrait se reproduire, en termes de compatibilité génétique, avec un Homo sapiens préhistorique.


Poussons ce raisonnement jusqu’au bout : on se dit aujourd’hui humain, arbitrairement, et disant notamment que les hommes préhistoriques étaient juste primitifs, ne connaissant ni l’hygiène ni l’électricité. Mais imaginons une seconde des humains dans le futur lointain, à plus de 10 000 ans, qui auraient évolués sous une forme inconnue aujourd’hui, telle une forme de plasma ou d’ondes, si on se permet. Ces humains nous verraient-ils comme primitifs, et non humains au sens qui leur est propre, avec notre biologie bizarre ?

Oui, se demander si l’on souhaite la continuité ou la rupture, c’est avant tout se demander la continuité ou la rupture de quoi ? De notre définition personnelle de ce que l’on appelle l’humain ? Comment faire si chacun à la sienne ? 

N’oublions pas que notre cerveau n’est pas conditionné pour être neutre dans ce débat. Nous évoluons dans une société de consommation où chaque publicité pousse à acheter le dernier smartphone ou la dernière voiture, présentant la rupture technologique comme Graal pour rayonner en société. Malheureusement, notre cerveau est trop facilement manipulable, il suffit par exemple qu’il existe un meilleur iPhone pour que l’on ait envie de l’avoir. Mais après ? A-t-on vraiment changé ? Est-ce parce que nous savons augmenter l’humain, le rendre meilleur, qu’il faut à tout prix le faire ?



Pour contrer cela, il est possible de construire un transhumanisme où l’objectif n’est pas ce souhait d’être plus performant, mais davantage d’avoir une expérience de vie meilleure. Une idée en phase avec l’approche philanthropique de certains transhumanistes, les technoprogressistes,

Beaucoup de personnes en effet croient en une finalité, une bascule, une rupture. Cette idée est forte par exemple pour ceux qui prônent un transhumanisme extrême, comme Ray Kurzweil, le futurologue et directeur de l’ingénierie chez Google qui prévoit une rupture telle de l’humain, que nous pourrions être dès 2030 des robots dotés d’intelligence artificielle. Mais qui souhaite cela ? Nous a-t-on demandé notre avis ?

Beaucoup croient que les choses peuvent à un moment devenir radicalement différentes, voire sont vouées à le devenir, au moment où le monde entame la plus grande révolution technologique de l’histoire. D’ailleurs, au-delà du transhumanisme, de nombreuses élections révèlent une montée des extrêmes, le souhait de la fin du système en place pour reconstruire un ensemble radicalement différent. Mais le changement est-il la bonne voie ? Nous souhaitons que les choses changent, mais on ne réfléchit même pas à comment garder ce que nous avons déjà, et comment nous pourrions construire nos actions et nos révolutions autour ? Et si finalement le véritable transhumanisme, c’était celui de la continuité ?



Et si l’on tentait d’imaginer un transhumanisme sans l’extravagance technologique urbaine et bétonnée des films de science-fiction, mais au contraire avec l’objectif de vivre exactement de la même manière qu’aujourd’hui : aller courir dehors, sortir avec ses amis, passer des moments en famille, aimer quelqu’un, avoir des passe-temps et des passions. 

Et si un véritable progrès, avec une technologie qui a du sens, portait le plus simple des objectifs, celui de continuer à être des humains, mais en réduisant les peurs et les souffrances non souhaitables ? Vivre sans la peur de développer un cancer grâce aux progrès de la médecine, sans la peur de mourir dans un accident de voiture grâce aux voitures autonomes, ou encore sans la peur de ne pas avoir d’argent grâce au revenu universel et à l’automatisation de l’industrie. Nos vies ne changeraient pas, et nous pourrions continuer à faire ce que nous en voulons, dans un avenir où la technologie serait omniprésente, mais invisible. Invisible vis-à-vis de nos yeux, transparente vis-à-vis de l’éthique.

En conclusion, faut-il construire sa vie dans le but d’atteindre un stade, un niveau où le sens et la manière d’aborder le monde seront radicalement différents, comme le brandit Ray Kurzweil ou le prône la philosophie bouddhiste ? Plus que jamais, cette attirance pour la rupture semble n’être qu’une question de discours. Pour imaginer un nouveau transhumanisme, croire en la continuité et en la progression de nos pensées et de l’humanité peut ainsi s’avérer souhaitable. D’un point de vue philanthropique, la continuité permet d’appréhender le monde de manière plus accessible et compréhensible, tout en s’affranchissant d’une course à la performance où ceux qui seront dépassés deviendront les perdants sans s’en rendre compte.

S’il existe quelque chose qui est, peut, et doit rester, c’est peut-être bien l’humain. En ce sens, améliorer l’humain ne signifie pas forcément le transformer.


Souleym5

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