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Bien s'exprimer : Des pires pléonasmes à éradiquer de nos conversations

Ils sont un peu comme ces bonbons que l'on mange alors qu'on s'était dit: « c'est le dernier ». On sait qu'il ne faut pas plonger la main dans leur sachet, mais on y revient à chaque fois. Les pléonasmes sont leur métaphore. S‘il est préférable de ne pas en faire, cela ne nous empêche pas d'en dire. Mais éviter de les employer n'est pas toujours aisé. Certains se glissent dans nos conversations sans crier gare. D'autres accompagnent des expressions toutes faites. Et pourtant bien fautives. Cet article qui se veut être une aide pour tout nos lecteurs, revient sur ces emplois incorrects.



1. Petit détail, petit résumé, petite maisonnette...


Assez courant comme pléonasme, il est tentant lorsque l'on parle d'un détail, d'affiner nos propos à mesure que l'on veut décrire ce que l'on voit. C'est ainsi que l'on entend souvent la formule: « petit détail ». Toutefois, cette expression constitue un pléonasme. En effet, le mot " détail " vient de l'ancien verbe français: « detaller >> et désignait: le fait de séparer les mèches de cheveux comme en les taillant ». À la fin du XIIe siècle, le mot « détail » apparaît alors dans l'expression: « vendre à détail », c'est-à-dire par: « petites quantités ». Ainsi, un détail reste: un petit point, donc pas question d'accoler l'adjectif " petit " au mot << détail >>.

De la même manière, il est inutile d'ajouter un: « petit » ou un: « bref » au mot: « résumé ». Car le mot << résumé > consiste à: « reprendre en peu de mots ce qu'on a dit », c'est-à-dire à rendre court et succinct ce qui a déjà été énoncé. Donc, par définition, un résumé ne peut pas être long.

Concernant les mots: « maisonnette », « pincette », « cuisinette », « fillette », etc., ces derniers nous indiquent par leur suffixe c'est-à-dire leur terminaison en: « ette » qu'ils sont par essence « petits ». On évitera donc de leur ajouter l'adjectif " petit ", ce à moins, de vouloir commettre un pléonasme.

En guise d'exemples on pourra dire :

- Lors de l'étude, Christ a apporté un détail à l'explication du professeur, ce qui nous a permis de bien comprendre le cours.

- La secrétaire à fait un résumé de la réunion au Directeur.

- À 3 ans, cette fillette parle bien.


2. Moi personnellement je pense..., je crois pour ma part...


Que pensez-vous des « changements de constitutions en Afrique >> ?

- Personnellement, je pense que... Stop! Ne dites pas un mot de plus. Si tant est que vous tombiez d'accord avec votre interlocuteur sur ce sujet, ce dernier pourra déjà tirer à boulets rouges sur vous. La cause? Le pléonasme que vous venez de faire. L'expression « Moi personnellement » est du même ordre que « je crois pour ma part ». L'effet d'insistance peut être entendu. Au risque toutefois d'heurter votre adversaire, il est préférable d'employer les variantes: « À mon avis », « de mon point de vue », « à titre personnel ». En exemples on dira :

Que pensez-vous des « changements de constitutions en Afrique >> ?

=> Je pense que c'est des comportements qui doivent être banni.

=> À mon avis, il faut éviter ces genres d'agissements.

=> À titre personnel, il faut condamner cela.


3- Ajouter en plus, crier fort, se dépêcher vite...


Ces formules toutes faites n'en demeurent pas moins incorrectes. Il suffit de faire un pas de côté, de les observer pour le constater. En effet, « Ajouter » signifie littéralement: « mettre en plus, apporter un élément nouveau », indique Le Trésor de la langue française. Attesté sous cette forme, « Ajouter » au XIIe siècle, le verbe signifiait déjà « mettre en plus ». On évitera donc de lui ajouter un « en plus ».

De la même façon, le verbe « crier » a pour définition: « prononcer des paroles d'une voix très forte ». Il n'est donc pas nécessaire de lui ajouter l'adjectif: « fort ».

Enfin, le verbe: « dépêcher » signifie: « accomplir une tâche avec rapidité ou précipitation afin d'en finir ou de s'en débarrasser ». Il n'y a donc pas nécessité de préciser que l'on se précipite quand on se presse... Exemples :

=> Il a ajouté de nouveaux legs à son testament.

=> Les supporters crient pour encourager leur équipe.

=> Natacha se dépêche pour ne pas arriver en retard au cours de pathologie.

4. Une orthographe correcte


Là encore, la formule est toute faite. On ne réfléchit plus en l'employant. « Comment est son orthographe », dira l'un. « Il a une orthographe correcte », répondra l'autre, sans ciller. Pourtant, la formule est un pléonasme. En effet, dérivée du " grec ": orthos, qui veut dire : «droit», et << graphe >> qui signifie : « écrire », le mot « orthographe »: désigne: « la manière correcte d'écrire un mot ». Pour être plus correct, on préférera donc dire, avec plus ou moins de nuance dans la voix: « Il maîtrise parfaitement l'orthographe


5. Assez satisfaisant


La formule est souvent lue sur les bulletins scolaires. Toutefois, si l'on se fie strictement à l'origine du mot « satisfaisant », on découvre que le préfixe de l'adjectif vient du latin << satis >> qui veut dire: « assez ». On peut sans nul doute affirmer qu'employer ce terme avec le terme « assez » constitue donc un pléonasme. Mais ne soyons pas manichéens. Cette précision, bien que redondante, permet une gradation entre celui qui a eu des résultats moyens (assez satisfaisants) et de bons résultats (très satisfaisants).


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