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Crimes contre l’humanité : L’Etat ivoirien veut-il arracher Amadé Ouérémi des griffes de la CPI ?

Amadé Ouérémi en compagnie de ses "lieutenants" dans le Mont-Péko


Placé en détention préventive depuis le 18 mai 2013, le procès du chef milicien du Mont-Péko dans l’ouest ivoirien, Amadé Ouérémi, est annoncé à Abidjan ce mercredi 24 mars 2021, au moment où à la Cour pénale internationale (CPI) dévoile l’ouverture d’une vingtaine de dossiers. Parmi ces dossiers figure un cas ivoirien.

Pourquoi depuis 8 ans qu’il est gardé au secret, c’est maintenant, juste après l’annonce de l’ouverture d’un dossier ivoirien à la CPI, que la justice de Côte d’Ivoire se souvient subitement du cas Amadé Ouérémi ? Le gouvernement ivoirien voudrait-il l’exempter des poursuites du remplaçant de Fatou Bensouda ? « La CPI a joué le rôle qu’il fallait. À la sortie de la crise électorale, nous n’avions pas de justice, le pays était totalement en lambeaux (…) maintenant nous avons une justice qui est opérationnelle et qui a commencé à juger tout le monde sans exception », a déclaré Alassane Ouattara, en février 2016, après un entretien à Paris avec François Hollande. Sa mise au point est intervenue au moment où il était de plus en plus question que l’Etat ivoirien collabore pour l’extradition d’autres présumés auteurs impliqués dans les massacres post-électoraux.

Amadé Ouérémi (à g.) et ses hommes bénéficiant d'une assistante technique


Parmi ces personnes figuraient des têtes fortes, y compris Amadé Ouérémi cité abondamment par les organisations de droit de l’homme, ayant participé à installé le régime Ouattara. Depuis lors, le dossier ivoirien, en dehors du procès de Gbagbo et Blé Goudé, n’a pas connu de nouveaux rebondissements à la CPI. Simone Gbagbo qui figurait sur la liste des personnes à extrader, a été jugée sur le territoire ivoirien et condamnée avant de bénéficier d’une grâce présidentielle. Du côté du pouvoir, les ex-chefs rebelles soupçonnés d’avoir participé aux massacres n’ont pas encore été inquiétés. Seul, le chef milicien Amadé Ouérémi, logé dans la forêt du Mont-Péko, dont les troupes ont été vues comme « supplétifs » aux côtés des ex-Forces nouvelles dans les massacres à Duékoué, a été jeté en prison.

Le chef miliciens Amadé Ouérémi vu en compagnie d'une autorité étatique


Sur la base de témoignages documentés de victimes et de rapports d’organisations non gouvernementales telle que la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), un dossier sur les massacres (environ 1000 personnes) des populations à l’Ouest notamment à Duékoué en 2011, avait été jugé recevable à la Cour pénale internationale. Dans ce dossier, des noms en l’occurrence Losséni Fofana dit Loss, Koné Daouda dit Konda et Amadé Ouérémi ont été abondamment cités. Le premier est en ce moment à la tête du Bataillon de sécurisation de l’Ouest basé à Man (BSO). Le second, accusé d’être une cheville ouvrière dans l’exécution de sales besognes à Duékoué où il était le commandant des FRCI, a été très vite muté au sein de l’effectif du Centre de coordination des opérations décisionnelles (CCDO), avant d’être appelé à faire valoir ses droits à la retraite. Quant à Amadé Ouérémi, il a été « sorti du dispositif » et sera présenté devant les juges ivoiriens ce mercredi 24 mars 2021.

Le jour où le seigneur de guerre du Mont-Péko a été mis aux arrêts dans son fief 


Saint-Claver Oula

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