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L'Haïti subirait-il le karma de 1805?

Le corps sans vie du président haïtien Jovenel Moïse, a été retrouvé à son domicile criblé de 12 balles, et sa femme, grièvement blessée, lutte contre la mort. Cet acte est attribué à un commando étranger «de 28 assaillants, dont 26 Colombiens qui ont mené l'opération pour assassiner le président", a indiqué Léon Charles, directeur général de la police haïtienne, lors d'une conférence de presse. Il a annoncé dans la foulée que 2 américains et 15 colombiens avait été arrêtés, 3 colombiens tués et 8 sont en fuite.

Mais au-delà de ce énième drame que connaît ce premier pays noir indépendant, les observateurs se posent des questions sur ce qui s'apparente à un sort qui accompagne la vie de ce petit État des Caraïbes. On parlerait même d'une malédiction blanche. Qu'en est-il ?

Ancienne colonie française, une insurrection éclate dans le nord de l'île le 23 août 1791, avec pour figure de proue un certain Toussaint Louverture. Cette situation de crise dans cette colonie aboutira à l'indépendance de l'Haïti le 1er janvier 1804, avec comme empereur le général Jean-Jacques Dessalines, couronné le 08 octobre de la même année. De nombreux blancs quittent alors l'ancienne colonie. Les nouveaux maîtres d’Haïti font massacrer les derniers blancs, à l’exception des prêtres et des médecins, entre février et mars 1804. Ce qui ne sera pas du goût de la métropole.

Face à ce qui précède, la Constitution impériale du 20 mai 1805 stipule qu’"aucun Blanc, quelle que soit sa nation, ne mettra pied sur ce territoire à titre de maître ou de propriétaire et ne pourra à l’avenir y acquérir aucune propriété". Pour certains observateurs, le massacre des blancs et cette disposition constitutionnelle consacrent le début des malheurs des Haïtiens. Dès lors Haïti sera marqué par des crises militaro-politiques, avec des successions de coup d'état, des catastrophes naturelles (séisme, inondations, tempête) occasionnant plusieurs milliers de morts et des centaines de milliers de blessés et déplacés.

Pour d'autres analystes, la malédiction blanche n'est qu'une excuse qui cache la réalité haïtienne, une classe politique gangrènée par la corruption, le clanisme, le despotisme et la violence.

Aujourd'hui, l'appel des nouvelles autorités haïtiennes assurant la vacance du pouvoir à la communauté internationale, est révélateur du mal profond qui mine ce pays.

Content created and supplied by: Képhren (via Opera News )

jovenel moïse

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