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Les ivoiriens font plus confiance aux cyberactivistes qu'aux médias, la vérité qu'on évite de dire

Ce qui se passe en Côte d’ivoire, est hallucinant. L’un des principaux canaux d’informations des Ivoiriens aujourd’hui, ce sont les réseaux sociaux. 

Les informations distillées par les cyberactivistes et les avatars, aussi difficiles à vérifier et sensibles qu'elles peuvent être, sont beaucoup plus prisées par les populations, que celles des médias officiels. Les faits l'ont démontrés, les laborantins des informations sur les réseaux sociaux, ont très souvent pris de court les médias professionnels. 

Quand la presse gouvernementale se contente de balbutier en reprenant des versions officielles sur des sujets d'enjeux nationaux, et que les autres groupes de presse pèchent par crainte de la censure, le résultat est frappant : la rumeur prend le dessus. Désormais, les maîtres de l'information ne sont plus les journalistes, mais les animateurs des réseaux sociaux qui pour certains, sont, il faut bien le reconnaître, très introduits dans le secret des dieux. 

Le tranchant de leurs informations et leur liberté de ton, leur donne une longueur d'avance implacable sur les groupes de presse, généralement timorés, face aux balises posées par les textes de loi, essentiellement élaborées en fonction des intérêts des gouvernants. De peur de se retrouver en prison, les journalistes retiennent la plume et le verbe. Là où les cyberactivistes, généralement intouchables parce que vivant à l’extérieur, n’ont aucune restriction, les médias frissonnent. 

La liberté de la presse est sacrée. Et à force de lui tordre le cou, les journalistes eux-mêmes, la langue et les mains liés, se tournent vers ces cyberactivistes ou les avatars pour s'informer. Difficile dans le contexte rigide que nous connaissons de faire de l’investigation. Il faut savoir où on met les pieds. Éviter d’être trop entreprenant dans la recherche des informations. Les informations sensibles sont vite frappées du sceau de la diffamation. 

À qui faut-t-il s'en prendre quand les Ivoiriens finissent par chercher la confirmation de tout sur les réseaux sociaux ? La question doit impérativement faire l’objet d'une réflexion collective et objective pour prendre conscience des véritables enjeux de l’information, dans un contexte social de plus en plus dominé par les TICs. Le cyberactivisme est devenu une redoutable arme de combat politique, d’une efficacité indéniable dans la propagande et la manipulation des masses. Face à cette réalité, la répression est inefficace. 

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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