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Cherté de la vie: une enquête sur les causes profondes et pourtant ignorées

Les Ivoiriens sont confrontés à une inflation matérialisée par une flambée des prix des produits et services en général et des produits vivriers en particulier. Même le transport en <<gbaka>>(minicar) qui était de 300 F d'Adjamé à Bingerville à subi une hausse de plus de 66%, passant à 500 F CFA.

De manière générale, la cause évoquée est la crise sanitaire engendrée par le Coronavirus. Mais cet argument est-il applicable aux produits et services locaux ?Il est évident qu'en la matière, les raisons doivent être recherchées ailleurs.

1. Les causes de la cherté des produits vivriers locaux

Les produits vivriers d'origine locale tels que la banane, la tomate, l'aubergine, le piment ou encore l'arachide coûtent actuellement les yeux de la tête. Au marché Gouro d'Adjamé par exemple où nous nous sommes rendus le mercredi 7 juillet, quatre bananes plantains étaient vendus au prix de mille (1000) francs CFA. A. M. un commerçant que nous avons interrogé explique qu'il achète ses bananes à Manzanouan, un village situé entre Abengourou et Agnibilékrou. <<Là-bas, j'achète trois ou deux régimes de bananes à 1000 francs. Pour remplir le sac de 50 Kg, il me faut pour 4000 francs. Mais le transport que je paie jusqu'au lieu de vente est excessif >>. En effet, selon A. M., 6 000 FCA en transport pour chaque sac de Manzanouan au 2 Plateaux. A cela, il faut ajouter son transport à lui, dans ses différents déplacements. Résultat, il vend le sac entre 16 000 et 17 000 F CFA à ses clientes, revendeuses du quartier Colombie des deux Plateaux. Cette réalité n'est pas spécifique aux commerçants de bananes. Tous les commerçants s'en plaignent.

Un déchargement de bananes plantains au marché Gouro d'Adjamé.

Accusés, les transporteurs répliquent. <<Le carburant coûte cher. En plus, il faut gérer les syndicats et les policiers sur la route>>, raconte OUAKASS, un chauffeur de camion, habitué du trajet Agnibilékrou-Nouvelle gare d'Abobo-Anonkoua. Parlant des <<syndicats>>, c'est un autre phénomène à la base de la cherté du transport urbain.

2. "Les syndicats" , cause de la cherté du transport à Abidjan.

À Abidjan, le transport est budgétivore. Un travailleur dépense un part importante de son salaire en transport. K. S., un chauffeur de taxi banalisé faisant la ligne Deux-Plateaux-Koumassi indexe "les syndicats". Il révèle qu'au premierer chargement, le matin, il doit payer 5 000 francs aux "syndicats". Ensuite, pour chaque chargement, ces derniers exigent <<un droit de chargement >> de 1 500 francs. Toutes ces <<taxes>> concourent bien évidemment au coût onéreux du transport, supporté en dernier ressort par les populations.

Cette dictature des syndicats, bourreaux des chauffeurs et surtout des populations, se rencontre également dans le milieu des <<gbakas>>. Ali, un chauffeur de la ligne Riviera 2—Bingerville, où le transport est de 300 francs, nous informe qu'ici le chargement est de 2000 francs, à reverser aux <<gnambros>>, nom donné aux "syndicats" de ce secteur du transport. <<C'est 200 francs qui est pour nous>>, conclut-il dans un français approximatif.

Un gnambro aux prises avec un apprenti gbaka.

C'est l'occasion d'interpeller le Ministère du transport sur l'urgence et la nécessité d'assainir ce milieux où les soi-disant syndicats sévissent comme une mafia afin de régler définitivement le problème le plus constant du transport urbain en Côte d'Ivoire.

Content created and supplied by: Le_Littéraire (via Opera News )

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