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Retour de Gbagbo : la réconciliation est en marche

Définitivement acquitté par la Cour pénale internationale, l’ancien président peut désormais revenir au pays « quand il le souhaite », a déclaré le président ivoirien Alassane Ouattara. Cette invitation est conforme à la politique de réconciliation affichée par ce dernier.

Côte d’Ivoire : le retour de Gbagbo, un pas vers la réconciliation voulue par le président ivoirien

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont désormais « libres de rentrer en Côte d’Ivoire quand ils le souhaitent », a déclaré le président Alassane Ouattara à l’ouverture du conseil des ministres à Abidjan, mercredi 7 avril. Une semaine plus tôt, l’ancien président et son ex-ministre de la jeunesse ont été définitivement acquittés par la Cour pénale internationale, à l’issue d’un procès pour crimes contre l’humanité liés aux violences post-électorales de 2010 et 2011.

Indemnités et avantages accordés à Laurent Gbagbo

Une fois de retour en Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo bénéficiera « conformément aux textes en vigueur, des avantages et indemnités dus aux anciens présidents de la République », a précisé le chef de l’État ivoirien. Une loi, votée sous la présidence Gbagbo, prévoit qu’ils reçoivent une allocation viagère de 15 000 €, une indemnité logement de 9 000 € ainsi que la mise à disposition de trois véhicules et de personnel de maison. L’État ivoirien prendra même en charge « les frais de voyage de Laurent Gbagbo et de sa famille », actuellement en exil à Bruxelles.

Alassane Ouattara n’a même pas évoqué la condamnation de l’ancien président à vingt ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des États d’Afique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale. Selon Ousmane Zina, politologue à l’Université de Bouaké (Côte d’Ivoire), le président actuel veut montrer « qu’il n’est pas celui qui constituera l’obstacle » au retour de son prédécesseur, mais qu’il « laissera la justice faire son travail ».

« Il s’agira d’une décision politique sur la base de négociations » entre ceux qui se sont affrontés pour le pouvoir en 2010-2011, estime le politologue, ajoutant qu’Alassane Ouattara, « avant d’accorder une grâce ou une amnistie, voudra obtenir la garantie que le pays restera pacifique ».

L’inquiétude des victimes

Président de l’Association des victimes de guerre, Issiaka Diaby reste prudent. Il a entendu le président souligner sa « bienveillance quant à la situation des victimes » et le « soutien de la Côte d’Ivoire ». Mais à ses yeux, « les victimes ne pourront pas accepter que leur bourreau n’aille pas en prison ». « Cela démontrerait que le président contrôle l’appareil judiciaire, ce qui ne lui donnera pas une bonne image », ajoute-t-il.

Une politique de réconciliation

Par cette main tendue, Alassane Ouattara essaie sans doute de redorer son image, écornée à l’étranger par un troisième mandat controversé. Point noir de ses dix premières années au pouvoir, la réconciliation est devenue l’une de ses priorités, alors que plusieurs opposants et membres de la société civile sont toujours en prison ou en exil. « Il a cette volonté de présenter la Côte d’Ivoire comme une démocratie qui avance, malgré certaines périodes de violences ».

Depuis son élection, il a créé un ministère de la réconciliation, occupé par son seul opposant à la présidentielle, Kouadio Konan Bertin. Au mois de décembre déjà, il a accordé deux passeports à Laurent Gbagbo : un ordinaire et un diplomatique. Il a également amnistié la plupart des responsables des tueries de 2010-2011 et commencé à indemniser les victimes des crises ivoiriennes : peu toutefois, puisque sur les 300 000 répertoriées, seules 4 500 ont été indemnisées.

Un autre signe important est l’ouverture du procès d’Amadé Ouérémi, poursuivi pour avoir participé au massacre de Duékoué, qui avait fait plus de 800 morts en mars 2011, commis par les partisans d’Alassane Ouattara. C’est la première fois qu’un procès est engagé contre un l’un de ses soutiens.

Content created and supplied by: Tchilonon (via Opera News )

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