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Côte d'Ivoire : Les aveux d'Amadé Ouérémi peuvent-ils condamner des chefs militaires ?

Il n'y a pas que Nahibly ! Bien avant la destruction de camp de déplacés internes à Duekoué et le massacre de ses occupants en 2012, il y a eu les tueries atroces de près 800 personnes en mars 2011 dans la même ville.

D'après des enquêteurs d'organisations de défense des droits de l'homme, nombreuses sont les victimes qui ont été tuées à l'arme blanche. Des rapports sur ce drame survenu en pleine crise postélectorale, suite à la descente sur cette ville carrefour économique de l'ouest ivoirien des forces républicaines et de leurs supplétifs, donnent froid dans le dos. Car, ils décrivent dans le détail, témoignages à l'appui, comment ces affres ont ou être commis. A noter que le Carrefour, est un quartier réputé pour abriter des familles autochtones wê dont nombre de bras valides composaient le gros lot des miliciens locales opposées depuis septembre 2002, date de l'éclatement d'un coup de force contre le régime de M. Gbagbo, à la rébellion des Forces nouvelles.

Dix ans après, le jugement tant espéré par les parents des victimes de ce que des ong ont appelé un "carnage", est ouvert à Abidjan. Depuis cette fin mars en effet, un homme, Amadé Remi dit Ouérémi, ancien chef de guerre, alors aux ordres des forces républicaines selon son témoignage, est face au tribunal criminel Abidjan. Il parle, donnant des noms. Le commandant Losseni Fofana, ex-comzone de Man, le lieutenant Coulibaly... Le premier avait été inculpé en 2015, tout comme Cherif Ousmane. Amadé Ouérémi a affirmé "oui" au juge à la question de savoir si "vous (lui Amadé, ndlr) était là quand il (Loss) a donné l'ordre " de la descente qui s'est avérée meurtrière sur le quartier Carrefour de Duekoué. Mais à ce stade de la procédure, il convient de s'interroger si les affirmations faites par le "bandit de la forêt du mont Peko" peut valoir des condamnations à ceux qu'il cite nommément? Cette question est d'autant pertinente qu'une amnistie les avaient épargné de la justice en 2018. Mais déjà au mois de janvier 2016, le président de la République Alassane Ouattara avait promis de faire "toute la lumière" sur ce dossier.

Depuis l'ouverture de ce procès, l'idée est désormais nette du rééquilibrage du traitement fait du dossier ivoirien par la justice. Il se dit même que la Cour pénale internationale internationale (CPI) ne serait pas loin de cette affaire. Qui à l'évidence s'avère être un pendant de celle ouverte contre l'ex-chef d'État Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Mais si elle devait être poursuivie, jusqu'où s'arrêterait-elle conformément au principe juridique. En effet,M. Gbagbo est soupçonné d'avoir donné ordre à une chaîne de commandement pour la commission de crimes à Abidjan notamment. L'affaire que viennent de connaître les juges ivoiriens ne devrait pas s'intéresser à ceux voire celui qui ont/a ordonné le massacre indexé? La justice ne devant être du deux poids deux mesures, l'opinion nationale et internationale suit attentivement où aboutira la perspicacité de la justice ivoirienne.

Content created and supplied by: BIDEN (via Opera News )

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