Sign in
Download Opera News App

 

 

Des vérités crues à Alassane Ouattara sur la justice

Elles ne retiennent plus des récriminations qu'elles ont littéralement craché aux autorités ivoiriennes à commencer par le président de la République de Côte d'Ivoire. Des personnes se présentant comme des "victimes" des crises survenues dans le pays réclament une "indemnisation". Faute de quoi ...


... elles pourraient "désobéir" voire lancer une "désobéissance civile". A ce que dit Issiaka Diaby, président de l'association qui les réunies, si le chef s'avisait à accepter une négociation de certaines décisions de justice, surtout celle qui condamne à 20 ans de prison par contumace Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, elles rentreraient en opposition avec le gouvernement.

"Une décision de justice s'exécute. C'est pourquoi la décision de justice à propos de Gbagbo et Blé Goudé doit s'appliquer. Si le président accepte de négocier pour qu'on laisse tomber, les victimes aussi peuvent lancer leur boycott actif...", a-t-il clamé, se faisant applaudir.

Karim Coulibaly est estropié. Ce lundi 5 avril, il se tient au milieu d'une l'arène. Il est écouté par quelques centaines de personnes assises sous cinq bâches. La scène se déroule sur un terre-plein du quartier de Williamsville, dans la commune d'Adjamé, au cœur de la capitale économique, Abidjan.

L'handicapé s'appuie sur ses béquilles. Il tient un micro. Voici son message : "Il va falloir que le président regarde dans le rétroviseur parce qu'on a rien vu et rien reçu comme indemnisation. Toutes les structures mises en place sont un échec...", se plaint-il. Il regrette d'avoir été utilisé par des hommes politiques qui les ont laissés pour compte, selon lui.

Mme Bamba Makourako, elle, n'a aucun un handicap apparent. Seulement, elle pleure pour les sévices qu'elle a "subi" dans un centre de détention provisoire. "Nous avons subi beaucoup de torture. Nous avons été maltraités. J'ai de la peine...", se limite-t-elle à dire. Comme le premier intervenant, elle réclame justice en terme d'indemnisation.

Le modérateur de la cérémonie lui résume chaque fois les témoignages et conclu par ce propos: "La prise en compte des victimes n'est pas une affaire politique, ethnique, religieuse. Les victimes de crises qu'on a connues ici en Côte d'Ivoire ne font demander justice. Elles veulent être indemnisées..."

Le Blé Joël Olivier marche également au moyen de béquilles. Le rescapé des tueries qui ont eu lieu au quartier Carrefour de Duékoué du 27 au 29 mars 2011 confie des regrets. "J'ai perdu mes deux parents: ma mère a été violée, mon père a disparu. J'ai joué à l'Asec d'Abidjan. J'avais signé un contrat pour jouer avec les Eléphants de Côte d'Ivoire. Mais ma vie a été ruinée parce que des rebelles m'ont tiré dessus par deux", a-t-il affirmé.


L'ancien footballeur a adressé un appel au chef de l'Etat: "Monsieur le président de la République, nous ne voulons plus d'intermédiaire entre vous et nous, les victimes. Nous voulons vous croiser pour poser la réalité de notre situation. Beaucoup de promesses nous ont été faites mais nous n'avons rien vu ni reçu..."

Toutes les personnes qui ont pris la parole à cette occasion, un meeting organisé par le Collectif des victimes de Côte d'ivoire (CVCI) dirigé par M. Issiaka Diaby, ont tous plaidé pour une prise en charge sociale, une indemnisation.

Content created and supplied by: BIDEN (via Opera News )

alassane ouattara côte d'ivoire issiaka diaby karim coulibaly

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires