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Retour de Gbagbo : quand Issiaka Diaby dit et se dédit !

Le 31 mars dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a définitivement acquitté Laurent Gbagbo et son coaccusé Blé Goudé. Alors que cette libération sonnait comme un soulagement pour les partisans de l’ex-président, pour les victimes les choses n’avaient pas la même saveur. Interviewé par Opera News le 2 avril dernier (l’intégralité de l’interview sera publiée dans les prochains jours), le président des victimes avait déploré cette décision de la CPI. Pour lui « l’acquittement de Laurent Gbagbo ne veut pas dire qu’il est innocent ». Cependant, s’en tenant à ses propos, il a cependant émis son souhait d’aller à la paix.

« Personne n’est au-dessus de la loi. Aujourd’hui c’est Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, demain ce sera quelqu’un d’autre », avait-il déclaré. Pour le président des victimes de Côte d’Ivoire « ces crimes commis en Côte d’Ivoire ne peuvent pas être prescrits ». Faisant allusion au camp adverse lors du conflit post-électorale de 2010, Issiaka Diaby avait déclaré que « s’ils ne répondent pas aujourd’hui parce qu’ils ont le pouvoir dans le rapport de force, demain ils vont répondre.» Rappelant qu’ « il y a des femmes qui sont traumatisées parce qu’elles ont été victimes de violences sexuelles, certaines ont perdu leur foyers. Des enfants se retrouvent à la rue parce qu’ils ont perdu leurs parents. D’autres sont appelés « enfants en confit avec la loi ». Issiaka Diaby avait toutefois tenue à calmer le jeu en appelant les Ivoiriens à se concentrer sur leur quotidien et à s’accorder mutuellement le pardon. « Sur ce chapitre, je voudrais demander aux Ivoiriens de nous concentrer sur notre quotidien et de laisser les politiciens dans leurs élucubrations. Il faut que les Ivoiriens s’asseyent pour se parler, faire une introspection profonde. Il faut se parler pour s’accorder le pardon ».

Seulement, quelques jours après son passage à Opera News, dans d’autres médias, le président Issiaka Diaby semblait avoir changé de langage. Celui, plus apaisé auquel nous avons eu droit, semble avoir fait place à un langage empreint de « rancœur ». En effet, dans ces propos rapportés par le confrère l’infodrome, du 5 avril 2021, Isiaka Diaby souhaite que Laurant Gbagbo et Charles Blé Goudé soient immédiatement conduits à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) dès leur arrivée en Côte d’Ivoire. « Si Laurent Gbagbo et Blé Goudé descendent à l’aéroport, il faut qu’on les accompagne directement à la Maca », pouvait-on lire. Il est allé plus loin en annonçant que les victimes iraient réclamer un mandat de dépôt contre l’ancien président et son coaccusé auprès du Procureur de la République. « Nous irons voir le Procureur de la République pour qu’il donne un mandat de dépôt qui sera déposé à l’aéroport pour que quand ils arrivent, on les accompagne à la Maca. » Parlant de paix et de pardon Issiaka Diaby est sans appel. « L’impunité a longtemps été érigée en mode de gouvernance dans ce pays et nous, on ne veut plus ça. Dans le cas de Blé Goudé, le CVCI s’est constitué partie civile et nous exigeons que cette décision de justice soit exécutée même si le président Ouattara veut négocier ».

Deux interviews, deux médias, un double langage. Pourtant, le sujet et l’interviewé n’ont pas changé. Que retenir... ?

Content created and supplied by: Axelle_Eyenga (via Opera News )

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