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Justice : voici pourquoi les prisons ivoiriennes sont surchargées

 Le Palais de justice du Plateau

La plus grande prison de la Côte d’Ivoire est la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). D’une capacité totale d’accueil de 1500 places, avec plus de 5.000 pensionnaires. Et ils vivent, selon les ONG chargées des droits de l’Homme, dans des conditions lamentables. Le fait est que la surpopulation des prisons ivoiriennes, notamment la MACA, est une violente réalité.

Dans un rapport publié le 31 août 2019, l’Observatoire des lieux de détention (OLT) qui regroupe 28 ONG intervenant dans le milieu carcéral ivoirien, fait un constat accablant. Selon lui, « le taux de la surpopulation carcérale est de 266% », explique Paul Angaman, président de l’OLT. A cette date, la Côte d’Ivoire comptait 18.592 prisonniers pour une capacité de 6.989 places dans près de 34 lieux de détention. Et la quasi-totalité des lieux de détention sont dans un état de vétusté avancé. Cela affecte les conditions de vie des prisonniers et même le travail des gardes pénitentiaires. « Les risques sanitaires y sont considérables », précise le rapport.

Selon Pierre Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge, « la MACA enregistre plus de 200% de surpopulation ».  Et un tiers des prisonniers sont des prévenus qui attendent leur jugement, et la tendance est à la hausse.

Un tour dans les tribunaux pour suivre les procès et l’on comprend les raisons de cette surpopulation dans les prisons. En effet, des peines de prisons sont infligées pour tout délit pénal. Le système ivoirien ignore la peine des travaux d’utilité publique. On envoie en prison, des personnes pour le vol d’une paire de chaussures, un abus de confiance, le vol d’un poulet ou d’un cabri ou tout autre objet de valeur négligeable.

Or, tout le monde sait que nos rues sont sales. Nos bâtiments publics sont souvent immondes. Nos hôpitaux sont répugnants, surtout à l’intérieur du pays. Des objets en plastique jonchent le sol partout dans le pays, les dessous des ponts sont envahis de mauvaises herbes, les ordures ménagères trainent partout. La Côte d’Ivoire est sale !

A quoi sert-il donc de condamner les gens à des peines de prison pour le vol d’une paire de chaussures et d’autres choses sans véritable valeur, alors qu’ils peuvent très bien payer pour leur faute en se rendant utiles ? Ils peuvent balayer, débroussailler, nettoyer, lustrer, rendre propre. Bien sûr, sous la bonne garde des gardes pénitentiaires car ils sont avant tout, des prisonniers. Mais des prisonniers qui ne sont pas en prison. Ils portent un uniforme et on les voit travailler. Cela est aussi une peine.

La prison n’a pas, en effet, que des points positifs. Un petit délinquant peut en ressortir comme un grand bandit après y avoir fréquenté de véritables brigands. La condamnation à des peines d’utilité publique pour certains délits, est donc une solution à de nombreux problèmes.

Paul D. Tayoro

Content created and supplied by: Paul-D-Tayoro (via Opera News )

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