Sign in
Download Opera News App

 

 

Crise post-électorale de 2011 : des révélations sur les 7 femmes supposées tuées d’Abobo

Le 3 mars 2011, les forces de défense et de sécurité (FDS) ont-elles réellemenh tiré sur des manifestantes du RDR dont sept auraient été tuées ? Le procès et l’acquittement du président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé ont fini par donner des réponses à cette question.

’’ Acquittement de Laurent Gbagbo et Blé Goudé, les juges de la CPI restituent la vérité historique’’ l’ouvrage co-produit par Justin Koné Katinan, porte-parole du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et Raymond Kouddou Kessié, situe plus d’un Ivoirien sur ces faits. 

Dans ce ouvrage portant sur le verdict d’acquittement de Laurent Gbagbo et Blé Goudé par la Chambre de première instance 1 de la CPI, les juges expliquent que les FDS n’ont jamais tiré ces femmes. Ci-dessous, quelques morceaux choisis.

La Marche des femmes À Abobo du 3 mars 2011

La Procureure affirme que le 3 mars 2011, un convoi des FDS a tiré intentionnellement sur des manifestantes pacifiques anti-Gbagbo, et qu’il l’a fait pour des motifs politiques, nationaux, ethniques ou religieux. Cela aurait occasionné la mort de sept femmes et six autres ont été grièvement blessées par les coups de feu tirés par le convoi des FDS.

Le juge Henderson expose les limites des preuves de l’accusation

Dans sa motivation, le Juge Henderson rappelle qu’il s’agit donc de savoir s’il est possible pour une Chambre de Première Instance de déterminer raisonnablement, sur la base des preuves disponibles, qui a tiré les coups de feu qui ont tué et blessé les victimes et pourquoi on a ouvert le feu.

Or, il n’y a pas de preuve directe de qui a tiré les coups de feu qui ont touché les victimes. Si les éléments de preuve de la Procureure permettent d’avancer qu’il y a eu 27 tirs, il est aussi à relever que :

■ 10 de ces tirs proviendraient d’une ou de plusieurs armes de gros calibre, les 17 tirs restants d’une arme de calibre différent ou plus léger ;

■ Seuls les trois premiers peuvent ’’probablement’’ être attribués à l’une des deux mitrailleuses montées sur la tourelle du BTR 80 qui est visible dans la vidéo.

Or, en ce qui concerne les 3 tirs attribués à l’une des mitrailleuses, selon P-0607, le seul témoin ayant des informations de première main sur ce point, le but de ces rafales initiales, tirées en l’air, était de disperser la foule, qui bloquait la route, afin de permettre au convoi de passer.

D’après ces éléments de preuve, il ne semble pas que les hommes du BTR 80 aient délibérément pris pour cible les manifestantes parce qu’elles étaient des partisanes de M. Ouattara.

Surtout, aucun des rapports d’autopsie soumis par la Procureure n’indique le calibre des balles qui ont causé les décès.

À cet égard, le Juge Henderson constate qu’une ’’grosse balle d’environ 55 mm de long et 12 mm de diamètre’’ a été trouvée dans le sac contenant le corps d’une victime, Malon Sylla. En supposant que la mesure du diamètre de la balle soit correcte, il n’y a rien pour relier ce projectile au canon de 14,5 mm du BTR 80.

De plus, la personne qui a procédé à l’autopsie a témoigné que rien ne pouvait être conclu du fait que la balle se trouvait à l’intérieur du sac mortuaire en relation avec les blessures de Mme Sylla.

En résumé, il n’est pas possible de relier la première salve du BTR 80 aux blessés. Aucune preuve ne liant de façon incontestable les blessures des victimes aux FDS, le Juge Henderson estime qu’aucune Chambre de Première Instance ne peut raisonnablement conclure que l’une quelconque de ces femmes avait été tuée ou blessée par des coups de feu directs tirés par le convoi du FDS.

Ce que dit le juge Tarfusser des preuves de l’accusation


Le Juge Tarfusser constate en outre, que la Procureure n’a jamais tenté d’expliquer pourquoi cette marche, en particulier (et celle-ci seulement), aurait été choisie comme cible alors que les preuves montrent que des manifestations de partisans politiques du RHDP ont été organisées tout au long de la crise postélectorale, avec l’intention des FDS de s’assurer qu’elles seraient autorisées et de s’assurer qu’elles ne puissent entrainer des troubles à l’ordre public. 


Dans ce contexte, selon le Juge Tarfusser, il ne semble pas que le convoi ’’visait délibérément les manifestantes parce qu’elles étaient des partisanes de M. Ouattara’’.

Surtout, le Juge Président Tarfusser a été particulièrement frappé par le choix de la Procureure d’ignorer les preuves selon lesquelles les femmes participant à la marche auraient été utilisées comme boucliers humains par des tireurs d’élites camouflés, et visant en premier lieu le convoi des FDS.

Ce point est d’autant plus important qu’il était cohérent avec les autres preuves selon lesquelles la nature, la fréquence et le type des attaques contre les FDS faisaient craindre à ces derniers d’être envoyés ou de devoir traverser Abobo : ’’quand vous revenez, dites merci au Seigneur’’.

A suivre..

Extrait de l’ouvrage de Justin Koné Katinan et de Raymond Koudou Kessié

NB : Le titre et le chapeau sont de Shonin

Content created and supplied by: B.RAÏS (via Opera News )

Blé Goudé FDS Laurent Gbagbo

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires