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Enquête/ Famille : quand le travail d’aide-ménagère dévient un fond de commerce

En Afrique et partout dans le monde, les familles, pour une raison ou une autre, louent les services d’une aide-ménagères ou bonnes ou nounous, qu’importe. Ce service a révélé des aspects qui méritent une réflexion minutieuse avant de penser à engager une nounou. Le cas de l’adolescente K. Henriette nous édifiera.

C’est une jeune fille fatiguée, désespérée, désorientée et désillusionnée que nous avons rencontrée à Niakara, dans la région du Hambol, le samedi 3 juillet dernier. La tête dans le creux des mains, l’infortunée semble ne plus croire en l’avenir. Et la grossesse qu’elle porte n’arrange rien à sa situation. Que s’est-il passé dans la vie de cette jeune fille appelée portant à un lendemain meilleur ?

Les raisons d’un métier à hauts risques

Le calvaire de K. Henriette, commence dans les rues et communes d’Abidjan en 2005, alors qu’elle venait de souffler sa douzième bougie. Elle a souffert le martyr à cause d’une femme, sa tante, qui l’utilisait, la faisait employer et encaissait le salaire à des fins personnelles. Ce, à l’insu des géniteurs de la jeune qui croyaient aveuglément que leur enfant va à l’école comme les autres enfants de son âge. Que nenni. La pauvre jeune fille séjournait de maison en maison dans le cadre de son ‘’travail’’. La raison de ce défilé n’étonne guère. «Ma tante m’envoie travailler dans des familles et à la fin du mois elle vient encaisser mon salaire et ne me laisse rien. Lorsque mes patrons l'apprennent, ils me renvoient», explique celle qui a aujourd’hui 18 ans et attend un bébé. Mais son ‘’bourreau’’ ne se limitait pas à un seul renvoi. «Quand elle sait que mes patrons vont me renvoyer, elle me trouve bien avant une famille qui a besoin de nounou. Et c’est reparti de plus belle», nous dit notre interlocutrice qui n’a pas pu s'empêcher de couler des larmes. Henriette n’aura son salut que grâce à mère qui a fini par se rendre compte des manigances de sa sœur, et a ramené sa fille auprès d’elle après que le fils de l’un des employés de cette dernière l’a engrossée.

Ces cas sont légion en Afrique où des personnes aux intérêts inavoués livrent leurs progénitures à l’exploitation dans des familles qu’elles ne connaissent ni d’Adam ni d’Ève. Et les conséquences de ce choix sont évidentes. Prostitution, maltraitance, risque d’infection au VIH/SIDA.

Risques d’implosion des couples 

Si le cas de K. Henriette est plutôt insolite vu la cupidité du tiers, il n’est pas à ignorer que le travail d’aide-ménagère rime aussi avec les problèmes sexuels. Puisque ce sont pour la plupart des filles dont l’âge varie entre 15 et 20 ans, voire plus (des adultes le font aussi), il n’est pas évident que la probité morale de leurs employeurs soit irréprochable. Combien sont-ils à descendre de dévolu sur ces filles, rien que pour satisfaire leur libido ? Ce, provoqués ou non ? Les femmes au foyer ne sont pas épargnées dans cette affaire, vu qu’elles sont bien souvent obligées de batailler dur pour détourner le regard de leur conjoint fixé sur ces pauvres filles.

Vols, perte d’objets de valeur, extorsions….

A côté de ses inconvénients, se profilent des aspects et non des moindres. Certaines filles employées de maison se livrent à des pratiques malencontreusement répréhensibles. Telles que le vol ou même le kidnapping, la séquestration d’un ou des enfants qu’elles sont censées surveiller et protéger.

Comme on peut le voir, le problème des aide-ménagères ou nounous en Afrique en particulier peut parfois cacher de dangereuses facettes susceptible de nuire à l’employé et à son employeur. Alors cette question mérite une attention particulière et des démarches méticuleuses pour être à l’abri de toute surprise désagréable.


 

Content created and supplied by: Ken-Wat (via Opera News )

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